El Chaltén (1/2)

La ville d’El Chalten s’est autoproclamée « Capitale du trekking en Argentine ». Avec plusieurs sentiers de difficulté variable partant tous du village et avec la proximité du Fritz Roy, elle en a les atouts. Sur le papier, c’est un petit paradis pour moi. Je m’y rends donc avec délice et impatience 🙂 !

Comme j’ai beaucoup de choses à en dire, je divise à nouveau l’article en deux. Les informations pratiques sont à la fin du second article, tu commences à saisir le principe 😉

Le trajet en bus depuis El Calafate est splendide. Il longe tout d’abord le lago Argentino puis le lac Viedma avec le fameux Fritz Roy en toile de fond. Les chaînes de montagnes enneigées encadrent tout cela.

En arrivant à l’entrée du village, le bus fait un arrêt au poste de Rangers qui t’offrent un topo complet sur les activités à faire, la météo, les dangers … Pratique et très instructif !

Miradors de Los condores & Las Aguilas

La première sortie est facile et elle me permet de me mettre en jambe. Moins de 5 kilomètres au total et une centaine de mètres de dénivelé ne devraient pas m’épuiser 🙂 La sente part du poste de Rangers et conduit à un mirador pour l’observation des condors. Je suis chanceux, deux d’entre eux m’offrent un balai aérien.

Depuis ce promontoire, il y a une belle vue sur la vallée, sur le cerro Torre (celui à ma gauche) et sur le Fritz Roy (caché par les nuages à ce moment là).

Par un chemin plus ou moins officiel (présent sur Maps.me mais non indiqué), je rejoins le second point de vue en passant par une sorte de steppe, totalement seul.

La vue sur le lac Viedma est magnifique et je reste de longues minutes à profiter du spectacle. Quelques vigognes, en contrebas, n’ont pas remarqué ma présence et s’offrent une sieste 🙂

Ce petit échauffement m’a mis en appétit et je suis impatient d’en voir plus 😀 Si tu envisages un passage à El Chalten pour seulement une demi journée ( … un crime ! ), lance toi sur ce sentier, il te ravira.

Laguna Torre

Par un heureux hasard, Lucie et moi nous retrouvons au même endroit au même moment. Je passe donc la journée avec elle pour aller jusqu’à la laguna Torre, au pied de la montagne du même nom. La difficulté augmente un peu avec une distance plus importante (plus de 20 kilomètres) mais un dénivelé encore faible (400 mètres environ). A quelques centaines de mètres du village se trouve la cascade Margarita.

Le sentier est bien marqué, et relativement facile puisqu’il s’agit essentiellement d’un faux plat montant très doux. Il n’en demeure pas moins que la vue en arrivant à la lagune est magnifique.

Un glacier glisse de la montagne jusqu’au lac (et si tu as lu l’article sur le Perito Moreno, tu connais mon amour pour les glaciers 😉 ). Nous prenons rapidement la décision de longer la crête nord pour aller l’observer d’un peu plus près. Cette partie est un peu plus technique avec quelques rochers et des plaques de glaces. De plus, le sentier n’est pas bien délimité. Mais que les vues sont belles !!

On pourrait croire qu’un gourmand a saupoudré de chocolat un dessert glacé. Tu t’en doutes, il s’agit plutôt de terre et de roches mais je préfère la version culinaire 😉

Le retour est tout aussi facile que la montée, la pente ne présentant aucune difficulté. Moi qui adore les lagunes glacières, cette sortie m’a enchanté !

Laguna de Los Tres

Il s’agit de la randonnée phare pour laquelle de nombreuses personnes viennent jusqu’à El Chaltén. Elle permet de se rendre à la base du fameux Fritz Roy dont j’évoque le nom depuis tout à l’heure. Il faut prévoir une grosse vingtaine de kilomètres et environ 700 mètres de dénivelé.

Si jamais cette dénivellation t’effraie, tu peux aussi prendre le début du chemin en t’arrêtant plus tôt. En effet, les 3 premiers kilomètres contournent la grosse colline à l’ouest du village en montant progressivement. D’ici, tu as une belle vue sur la vallée et les montagnes environnantes.

Un mirador conclut cette première montée avec un point de vue grandiose sur le Fritz Roy … enfin lorsqu’il n’y a pas de nuages ! Pour l’instant, il est relativement couvert mais je ne désespère pas de ma bonne fortune 🙂 …

A partir de ce point, il faut traverser la vallée qui te sépare de la montagne. Du coup, pendant environ 5 kilomètres, c’est tout plat. Plusieurs lacs ou étangs jalonnent la marche.

En cours de route, je remarque qu’un glacier est présent dans une vallée adjacente. Il a de la chance que mon objectif du jour soit différent mais il ne perd rien pour attendre 😉

Les choses se compliquent une fois que j’arrive au refuge, au pied de la montagne. Le panneau indique une ascension de 400 mètres sur 1 kilomètre nécessitant environ 1 heure. Et en effet, ça grimpe pas mal ! Mais la vraie difficulté pour moi, c’est ma rencontre avec la neige. De quelques plaques au début, j’arrive vite à marcher dans une sacrée couche de poudreuse. Mes prédécesseurs ont aplani quelques parties mais comme il s’agit de la basse saison, il n’y a pas foule non plus.

Je finis l’ascension avec un bon vent, en compagnie d’un allemand qui transporte un sac énorme rempli de matériel photo. Le verglas et le vent rendent les derniers mètres compliqués mais je sais que je touche au but !

Une fois au sommet, la vue est à couper le souffle !

Les nuages jouent à cache cache avec la célèbre et imposante montagne et il faut que je m’abrite derrière un rocher après chaque photo mais quel plaisir d’être ici ! 🙂

Lorsque tout se bouche et que le vent devient violent, je redescends prudemment (et sur quelques portions en mode local : luge) en savourant plus encore le paysage qui me fait face.

Comme j’ai encore un peu de temps avant l’arrivée de la nuit (et que je n’ai pas envie de retraverser la grande partie plane une autre fois), je fais un détour de 4 kilomètres aller-retour pour voir le glacier Piedras Blancas qui coule depuis le Fritz Roy au Nord-Est 😉 . Le panorama en chemin est fantastique.

J’aime toujours autant ces masses de glaces compactées aux reflets bleutés qui semblent si puissantes.

La prochaine fois, je prendrai sans doute le sentier qui part du nord du campement et qui frôle le glacier afin d’être au plus proche des blocs. Il semblerait toutefois que la dernière partie de cette sente soit au cœur d’un pierrier … attention aux chevilles donc …

Pendant tout le retour jusqu’au mirador, je me retourne régulièrement pour avoir une vision des fameuses montagnes et surveiller l’avancée des nuages 🙂

Je pense qu’en été, lorsqu’il n’y a plus un seul flocon de neige, cette sortie ne présente pas de vraie difficulté pour celui qui prend son temps dans la dernière montée. Il est facile de comprendre pourquoi elle est si prisée des touristes ! Forcement, je te la conseille également 😉

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