El Chaltén (2/2)

Après l’épreuve de la neige et la glace sur la randonnée de « Laguna de Los Tres », je m’octroie une journée moins intense…

Chorillo del Salto

Direction une chute d’eau à quelques kilomètres au nord de la ville par la route 23 (la seule qui traverse El Chaltén 🙂 ) Il y a un sentier qui permet d’éviter le trafic et qui doit être agréable en été lorsque la route est fort usitée. Mais, en hiver, les détours sont inutiles, d’autant que la sente passe par de grandes flaques / petits étangs 😉

Après quelques minutes, j’arrive donc au parking qui précède de quelques centaines de mètres la fameuse chute. Vu la largeur du sentier, on est clairement sur un lieu très facile d’accès. La cascade est agréable avec une hauteur d’environ 20 mètres.

Rapidement, j’ai envie de la voir d’au dessus et j’emprunte des traces qui la contournent par la gauche.

 

 

De mon promontoire, je me rends compte que le Fritz Roy est parfaitement dégagé et qu’il serait vraiment sympa de retourner au mirador (au premier mirador hein, pas à la lagune 😉 ). Là encore, des traces semblent partir plein nord pour le rejoindre, malgré l’absence de chemin officiel.

Alors l’idée est intéressante mais je te déconseille fortement de la réaliser. Au début, tout se passe plutôt bien et je me dis que les 400 mètres de dénivelé vont être rapidement avalés. Cela me permet même de voir plusieurs cascades dans un cadre splendide.

 

Mais sur les 100 derniers mètres, tout se complique sérieusement : la trace est assez floue et celle que j’ai suivie m’a conduit au bord des falaises. Heureusement, je ne souffre pas de vertige mais le danger est vraiment présent. Le moindre faux pas me précipiterait quelques dizaines de mètres plus bas… La prochaine fois, je ferai le tour 🙂

A nouveau, le panorama est magnifique avec une vue encore plus dégagée que la veille.

Lomo del pligue tumbadom

Après cette journée de « repos » qui m’a permis d’attendre la météo idéale, je me prépare à la randonnée la plus difficile de mon séjour. Outre une distance non négligeable (un peu plus de 20 kilomètres) et un dénivelé conséquent (1111 mètres), le Ranger m’a prévenu que je rencontrerai de la neige. La dernière partie semble être la plus intense. C’est donc plein d’énergie et d’entrain que je débute cette journée.

Le sentier part du sud de El Chaltén et monte doucement sur une des collines avoisinantes. En quelques dizaines de minutes, un beau panorama s’offre à moi.

L’ascension se poursuit tranquillement dans les prairies avec, déjà, de très beaux points de vue sur le Fritz Roy.

Finalement, je rencontre la neige à la lisière de la forêt qu’il me faut traverser. Je perds rapidement le chemin officiel (non délimité) mais je me fie aux traces des randonneurs précédents. Avec une couche d’environ 40 cm, ma progression s’en trouve forcément ralentie 😀

Au détour d’un bosquet d’arbres, je retrouve par hasard Khan, l’allemand avec qui j’ai terminé une ascension précédente. Nous poursuivons ensemble, tentant de retrouver le sentier. A la sortie de la forêt, je modifie légèrement la trajectoire pour rejoindre le chemin. L’idée n’est pas forcement bonne puisque, d’un coup, mon pied droit s’enfonce profondément, suivi par ma jambe droite. Le coté gauche n’est pas en reste et va les rejoindre …. Me voilà enfoncé dans la neige jusqu’à la poitrine ! Note pour la suite : repérer les petites brindilles émergeant à la surface de la neige, elles signalent un bosquet léger, recouvert de neige, incapable de supporter mon poids 😀
Après m’être extirpé de cette mauvaise passe, nous rejoignons la trace par la forêt et son sol stable 😉 Le panorama est sublime.

 

 

Malgré la neige, nous sommes toujours motivés à nous rendre, au minimum, au mirador. Il est situé au col alors que l’objectif initial de la randonnée est le sommet qui le jouxte (que l’on voit d’ailleurs en plein centre de la photo précédente, tout arrondi. Mais ça, je ne le sais pas encore 😉 ). Chaque pas demande un effort important, surtout lorsque le vent s’en mêle, mais quel bonheur de créer son chemin et entendre la neige craquotter dans un tel cadre.

Finalement, après 10 kilomètres en 5 heures, nous parvenons au fameux col ! L’occasion d’une pause bien méritée et de nombreuses photographies. Je reconnais les lieux visités précédemment : la grande vallée plate avant l’ascension menant au Fritz Roy (première photo), la laguna Torre (2ème et 3ème photos), le Fritz Roy lui-même, le beau marcheur bonnet au vent ( … bref) 😀

 

Malgré la fatigue, la montagne sur ma gauche me fait de l’œil. C’est du haut de son sommet que l’on a une vue à 360° sur toutes les montagnes environnantes … Ce qui m’inquiète toutefois, c’est la dernière partie, complètement recouverte de neige et l’absence totale de traces antérieures. Ça serait dommage de finir la journée emporté par une avalanche 😉 . Après négociations, Khan et moi décidons de tenter notre chance. Il nous faudra presque une heure pour arriver tout en haut, luttant contre les éboulements de pierres, les plaques de verglas et les appuis qui glissent dans la pente. Mais une fois arrivés, quelle récompense !!!!!!!!

 

Le point de vue est absolument splendide, peut-être le plus beau de tous. La météo est avec nous et nous offre une vue dégagée sur tous les pics acérés, les glaciers et la vallée.

 

Pour la descente, j’adopte le « Chilean Style » : fesses au sol, on lève les pattes et on profite de la vitesse 😀 J’adore cette technique, beaucoup moins fatigante que la montée 🙂 Pour quelques heures, la montagne est marquée de nos empreintes.

Nous profitons une dernière fois du point de vue du col et nous en profitons pour immortaliser notre exploit du jour.

 

Le reste de la descente est plus classique avec une neige beaucoup plus collante et humide qu’à l’aller. Je prends toutefois bien soin d’éviter tout bosquet suspect 😉

Une randonnée très exigeante en hiver mais absolument sublime. Les points de vue sont nombreux tout au long du chemin et le final est à couper le souffle. Si tu passes à El Chaltén, réunis toutes tes forces et lance toi à l’assaut de lomo del pligue tumbadom, tu ne le regretteras pas, je te le promets.

INFORMATIONS PRATIQUES

En basse saison (en hiver donc), le village s’endort ou se prépare pour la saison suivante. Beaucoup d’hébergements sont fermés ou en rénovation et il y a peu de vie nocturne. De plus, il n’y a qu’un seul ATM (à la station de bus) et il refuse les cartes à puce. Prends tes dispositions à El Calafate  ou tu vas devoir faire du change avec les sociétés de bus qui ont un taux TRÈS défavorable …

Auberge de jeunesse : Lo Trivi à quelques dizaines de mètres du départ des sentiers 🙂 Je fus accueilli par … une vache sur le paillasson ! Une décoration vivante atypique ! 🙂

Plus classiquement, la nuit est à 150$AR pour une chambre de 4 (où j’étais seul pendant tout mon séjour), cuisine à disposition impeccable, salle de bain (avec 3 douches !) excellente, propriétaires agréables … Que demander de plus ?

Déplacement : Trajet depuis El Calafate à 900$AR aller retour en 3 heures environ avec la société Caltur. Trajet splendide de bon matin, lorsque le jour se lève … 😉

Entrée : Bon, tu te doutes que pour voir toutes ces merveilles, il faut mettre la main au porte-monnaie … Et bien non ! Tous les sentiers de randonnées sont absolument gratuits ! Avoue que ça serait bête de ne pas en profiter 😉

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