La Paz et sa banlieue

La Paz est une cité tentaculaire perchée à 3600 mètres d’altitude, ce qui en fait la capitale la plus haute au monde. L’arrivée sur la ville est grandiose. Venant du nord, je traverse d’abord El Alto, la banlieue qui s’étend sur des kilomètres, s’enroulant notamment autour de l’aéroport. Après plusieurs dizaines de minutes de quartiers populaires Boliviens, j’arrive à flanc de falaise et, partout où je regarde en bas, la ville est présente. La Paz est construite dans et sur un canyon profond de plusieurs centaines de mètres. À cause de la difficulté que provoque l’altitude sur les organismes, les quartiers riches sont en bas et les plus pauvres sont en haut (El Alto porte bien son nom 🙂 )

Depuis le point de vue proche de mon auberge (Killi killi de son petit nom), l’hyper centre me fait un peu penser à une ville américaine avec ses multiples gratte-ciel (vision totalement subjective, j’en conviens 😀 ).

Depuis ce même point de vue, je prends le temps de voir le soleil se coucher et juste après, les lumières de la ville fournissent un spectacle hypnotisant.

Pour autant, malgré l’altitude, il ne faut pas s’imaginer l’air pur des montagnes 😉 . On est plutôt sur un mix entre l’essence, le gazole et la poussière. Les pentes étant parfois raides, les conducteurs n’hésitent pas à faire vrombir leur monture, crachant des nuages de fumée grise ou noire. Autant te dire que je te déconseille vivement l’arrivée depuis la France directement à La Paz. Tes poumons, manquant déjà d’air à cause de l’élévation, vont rapidement s’encrasser… Monter les marches de ton hôtel sera digne d’un semi-marathon 😉 !

Mais La Paz est aussi une ville vivante, bouillonnante. Dans chaque rue, un marché animé. À chaque jour, sa grève qui bloque une partie de la ville. À chaque coin de rue, un cireur de chaussures cagoulé pour ne pas être reconnu. Et de partout, des fils électriques, véritable anarchie aérienne qui choque l’électronicien que je suis. Je ne me porterai surement pas volontaire pour aller intervenir la-dessus (d’autant que je suis sûr qu’il y a une tension supérieure à 24V 😉 )

Je n’ai pas découvert énormément de bâtiments ayant un vrai cachet : les rues du centre sont assez semblables les unes aux autres. Seule la rue Jean sort du lot mais elle est très en décalage avec le reste.

Pour se déplacer, il y a bien sûr la marche à pied, rapidement épuisante si l’on souhaite faire quelques kilomètres sur les pentes. Il y a aussi les colectivos, mais la municipalité a également mis en place un système de téléphériques 😀 Complètement adapté à l’environnement mais, pour moi montagnard, il est totalement étrange de trouver des remontées mécaniques en pleine ville ! Forcément, j’ai essayé et j’ai même parcouru toutes les lignes (la verte, la jaune, la rouge et la bleue), et même certaines plusieurs fois à cause des blocages 😉 L’étendue de la ville est encore plus impressionnante vue d’en haut.

Le cimentière de la ville mérite le détour : il y repose sans doute de grands personnages de l’histoire du pays mais c’est surtout sa taille et son organisation qui m’ont surpris. Au-dessus de celui-ci passe la ligne rouge, ce qui est déjà perturbant. Chaque tombe est intégrée dans un bâtiment, créant des rangées de sépultures.

vallée de la Luna

À quelques kilomètres du centre, un parc naturel est présent. Il permet d’observer des formations géologiques étonnantes. L’érosion du sol a provoqué la création de dizaines de cheminées des fées.

Il est possible de se balader à travers ses aiguilles pour mieux les appréhender. L’occasion de se rendre compte que certains ont un lieu de vie sacrément privilégié 😀 .

Pour parfaire la visite, un joueur de flûte traditionnelle monte sur un monolithe et profite de l’acoustique si particulière pour faire résonner ses notes entraînantes pendant une bonne dizaine de minutes. Juste ce qu’il faut pour envoûter une sorte de lapin écureuil qui en profite pour sortir.

La couleur des montagnes environnantes forme un contraste avec la blancheur des formations. Cette sortie, à deux pas du centre ville, permet de prendre une bouffée d’air frais et de profiter des richesses minérales des alentours.

Tiahuanacu

Après la ville et la nature, quoi de mieux qu’un site pré-Inca majeur ? 😀


Tiahuanaco était la capitale de la civilisation du même nom. Et encore une fois, ce n’était pas un petit groupe de paysans isolés mais un empire s’étendant de l’actuel nord du Pérou à l’Amazonie et au Nord du Chili. Autant dire que ce peuple savait fédérer et impressionner suffisamment ses voisins pour les soumettre ! Malheureusement, après le passage des Incas puis des conquistadors espagnols, il ne reste plus grand chose de leur cité (par rapport au Machu Picchu par exemple).

Certains archéologues affirment que la cité a commencé à être bâtie aux alentours de 1500 av. JC. Ils s’appuient sur des restes de docks, utilisables uniquement lorsque le lac Titicaca, tout proche, avait un niveau d’eau suffisant. De plus, grands astrologues, les Tiahuanacus ont organisé les bâtiments religieux en fonction des solstices. Mais l’alignement n’est parfait que pour des siècles très anciens… Du coup, vient la grande question : comment ont-ils fabriqué ces édifices sans connaître la roue ni les animaux de trait ?

La porte du soleil, par exemple, fait une dizaine de tonnes et elle est d’un seul bloc !

Comment ont-ils​ travaillé aussi finement la pierre, créant des angles droits ou des courbes parfaites alors qu’il s’agit de granit et de diorite, quasiment aussi dur que le diamant ? Étonnant …

Quelques vestiges témoignent de leur maîtrise de la construction. Il n’est pas impossible que les Incas aient largement « pioché » dans leur savoir faire. Ici aussi les pierres sont parfaitement alignées.

Cette civilisation semblait vénérer des monolithes sculptés. Plusieurs sont repartis sur le site et le musée attenant en compte plusieurs dizaines.

Ils semblaient aussi être friands de décapitation de leurs adversaires. Un bâtiment intègre des sculptures de têtes et une théorie affirme que derrière chacune repose les restes d’un ennemi…. Flippant !

Beaucoup de questions sans réponses, tant et si bien que les fouilles continuent à l’heure actuelle. Peut-être que prochainement une découverte résoudra l’énigme. Pour ma part, j’ai parcouru les ruines sans savoir y répondre 😀

INFORMATIONS PRATIQUES

Auberge de jeunesse : Hotel El Carretero, 30 bolivianos la nuit en chambre double par personne. Il y aurait beaucoup à dire sur ce lieu très hippie : de nombreux tags décorent chacun des murs, les propriétaires sont très agréables, une grande cuisine est à disposition et m’a permis de réaliser mon premier gâteau de semoule sans four (présence et fonctionnement de celui-ci à vérifier AVANT de faire les courses 😉 ) et j’ai pu assister au tournage d’une télénova qui avait choisi ce lieu pour quelques scènes 😀 . Une adresse vraiment conviviale sur les pentes au dessus de la place principale de la ville (donc légèrement excentrée du quartier plus touristique).

Déplacement : 20 bolivianos pour le trajet Copacabana-La Paz en 4 heures via la compagnie de bus qui fait le trajet au départ de la place centrale du village. L’occasion de voir un bus sur une mini-barque lors de la traversée d’un affluant du lac Titicaca 😀

3 bolivianos pour chaque trajet en téléphérique. Attention les déposes des colectivos se font souvent sur El Alto, obligeant à prendre un ou deux téléphériques pour rejoindre le centre… sauf évidemment lorsqu’un blocage crée un afflux de monde avec une file de plusieurs heures, obligeant à descendre à pieds avec son gros sac 😉

10 ou 15 bolivianos pour aller ou revenir de Tiwanaku, toujours cette différence entre les deux trajets 😀

Entrées : 15 bolivianos pour l’entrée de la vallée de la lune, rien à dire sur le prix, c’est justifié. 100 bolivianos pour le site de Tiwanaku, qui lui me semble un poil excessif 😉 . D’autant plus lorsque l’on sait que le tarif pour les locaux est de 15 bolivianos. Peut-être que les recherches archéologiques sont financées par les touristes …

4 réflexions sur “La Paz et sa banlieue

  1. Dumont dit :

    Ré-salut Antoine,

    Très très étonnant ce cimetière dans la ville la plus haute du monde. Je trouve ça très joli et très coloré…

  2. Dumont dit :

    Mémé dit qu’elle est scotchée (c’est son mot) par tout ce que tu as déjà fait.
    Elle te souhaite de continuer à apprécier ce que tu es en train de faire…
    Mémé dit que tu es souvent dans ses pensées
    Gros bisous de Mémé

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