Le parc de Sajama

Ce parc méconnu, à l’ouest de La Paz, m’a mis plusieurs grosses claques. Encore une fois, je te dévoile la conclusion : j’ai adoré les 3 jours que j’y ai passé 😀 .

Venant de La Paz (voir infos pratiques à la fin pour l’organisation), j’arrive en fin d’après-midi dans le village de Sajama. Le temps de suivre la rabatteuse de l’hôtel et de m’installer, me voilà prêt à explorer le village. Enfin, en moins de 15 minutes, j’ai fais le tour de cette bourgade oubliée de tous, même de ses habitants apparemment 🙂 .

Il y a quelques années, le prix d’entrée du parc était de 40 bolivianos et de nombreux touristes venaient profiter des merveilles du parc. Flairant la bonne affaire, le gouvernement a augmenté le prix d’entrée à 100 bolivianos, promettant monts et merveilles aux habitants. Depuis, les touristes ne viennent plus et les entrées d’argent ne profitent pas aux locaux… De nombreuses auberges et installations​ touristiques sont donc inoccupées. Tout ça pour dire qu’on ne vient pas à Sajama pour swinguer 😉 !

Par contre, on y vient pour ses paysages. Et quoi de mieux qu’un coucher de soleil depuis la montagnette voisine pour se faire une première idée ?

Mirador de Sajama

Aucune chance de rater le mirador à côté de la ville, on voit un chemin qui part du village et monte tout droit sur la colline. L’occasion de saluer l’espèce majoritaire des lieux, l’alpaga.

La montée semble facile mais à 4200 mètres, quelques pauses sont nécessaires.

Une fois au sommet, le panorama est splendide. Il offre une vue sur plusieurs volcans dont celui de Sajama (qui a donc donné son nom au parc, si tu as bien suivi). Il culmine à 6542 mètres, et il est le plus haut sommet de Bolivie. Pour l ‘atteindre, il faut 3 jours et un bon niveau d’alpinisme.

Les deux en face sont également des volcans dépassant les 6000 mètres. En préparant mon voyage, j’ai lu que la montée sur celui de gauche, Parinacota (6348 mètres), était réalisable à la journée (une grosse journée hein…). J’ai caressé l’espoir de tenter mon premier 6000. Malheureusement pour moi, après prise d’information avec un guide du village, à ce moment de l’année, il s’agit plus d’alpinisme que de trek. Ne souhaitant pas m’aventurer dans cette activité, je laisse donc passer ma chance cette fois 😉 .

Ces volcans sont la raison principale pour laquelle les touristes viennent à Sajama. Mais il y a également d’autres intérêts …

Laguna de Huanacota

À une douzaine de kilomètres, se trouve un lagune. Sans me renseigner sur son niveau (elle est parfois asséchée …), je prends le chemin qui y mène, longeant quelques habitations.

Photo de Lucie

Le chemin est en fait une piste de 4×4 qui contourne le volcan Sajama. C’est l’occasion de le contempler sous d’autres angles.

Le temps est superbe et en 3 heures, j’arrive sur les rives de la lagune. Sa surface est gelée, sauf à de rares endroits. Ces zones liquides sont forts utiles pour la toilette des volatiles.

Pendant le repas, le vent se lève, déplaçant la fine couche de glace à la surface de l’eau. Celle-ci vient s’échouer sur les berges ou craquer contre les rochers saillants.

En faisant le tour de l’étendue d’eau, je me retrouve face à des vigognes, une espèce proche des lamas et alpagas mais très rare en Bolivie. Une véritable chance pour moi que de pouvoir les observer. Le troupeau est beaucoup plus craintif que les autres camélidés et une distance raisonnable nous sépare.

Je trouve un autre groupe à quelques centaines de mètres plus loin.

Étant décidément dans un jour de chance, pas moins de 4 flamants roses sont également présents sur le lac. A mon approche, ils déploient leurs ailes d’un rose profond et vont se réfugier à l’autre bout de la lagune.

Autant dire que je recommande particulièrement cette excursion pour profiter de la faune locale en totale liberté 😀 ! Quel plaisir de les voir évoluer ainsi sans contrainte.

Ayant pris le chemin des 4×4 à l’aller (2 voitures sur 3 heures de marche, on ne peut​ pas dire que c’est une autoroute 😉 ), je choisis de rentrer par la pampa. J’y fais d’ailleurs de drôles de découvertes.

J’ai déjà vécu une journée incroyable, lorsqu’à quelques centaines de mètres du village, j’observe le ciel et j’y vois ça !

Si quelqu’un sait de quoi il s’agit, je suis preneur. C’est la première fois de ma vie que je vois de telles couleurs dans le ciel, avant même le coucher du soleil qui n’arrivera pas avant quelques heures. Des jaunes, des bleus, des roses, des verts… tout me semble irréel, et pourtant …

Décidément, ce parc a beaucoup à offrir et j’y vois exactement ce que j’espérais (au-delà même) de la nature Bolivienne 😀 !

Les geysers

Après une journée pleine d’émotions et environ 25 kilomètres de marche (point important pour la suite … ), je décide de consacrer la journée suivante à la détente en me rendant aux geysers. Cette fois, il n’y a que 7 kilomètres (aller évidemment) pour m’y rendre. Les paysages sont toujours aussi beaux mais le vent (qui s’était levé hier en fin d’après-midi) souffle désormais en continu.

 

Cette fois encore, je trouve des restes d’animaux en route …

Ayant admiré les geysers Islandais (notamment Strokkur qui crache une colonne d’eau à 20 mètres toutes les 10 minutes) il faut avouer que Sajama ne joue pas dans la même cour. Pas la moindre colonne mais de nombreux bouillons. Certains ont des couleurs éclatantes, qui me fascinent toujours autant.

A midi, après un repas devant le plus beau des « geysers » et une trempette d’un pied, j’estime que l’eau n’est pas assez chaude pour m’y prolonger en entier, d’autant que le vent est important et frais. Je passe donc mon tour pour l’après midi spa.

Un lieu sympathique pour se remémorer la puissance et la chaleur de notre bonne vieille terre 😉 .

Ayant mis de côté l’alpinisme sur volcan, j’ai très envie de voir des lagunes d’altitude, à la frontière avec le Chili. Il y en a justement à proximité de Sajama en poursuivant le chemin après les geysers. Pour les voir toutes, il faut 2 jours de marche avec bivouac au niveau de la frontière justement. Sachant que Lucie ne souhaite pas faire ce trek, et n’ayant trouvé personne pour m’accompagner, je m’étais résigné à faire une croix dessus. En effet, il n’est pas question de faire des folies en solo en altitude dans un pays que je ne connais pas … (Maman, tu peux t’arrêter là dans la page 😀 ).

Me voilà donc en milieu de journée à mi-chemin des premières lagunes avec une après midi aquatique qui vient de tomber à l’eau … Évidemment, tu te doutes de la décision que j’ai alors prise 😉 . Lucie souffrant du froid, me voilà donc partant seul pour 7 autres kilomètres avec un dénivelé un peu plus important (de l’ordre de 500 mètres, rien de bien méchant …). Au début, je poursuis toujours la piste des 4×4, sans réelle difficulté en dehors des bourrasques de vent qui me déportent et m’obligent parfois à m’arrêter. J’avale les 3 premiers kilomètres dans ces conditions, le vent étant de plus en plus important.

Et la piste s’arrête net à un guet. La direction fait peu de doute, dans le creux de la vallée remontant au col mais aucun chemin visible. Et le défi commence vraiment à ce moment là. Il me reste 4 kilomètres et 400 mètres de dénivelé et je dois dire que ce furent les plus difficiles de ma vie. Sans savoir exactement où aller, je choisis de remonter un ruisseau. Avec l’altitude et le vent qui m’obligent à doubler ou tripler mes efforts, je m’arrête tous les 100 mètres, à bout de souffle. L’occasion de prendre quelques photos 😉

Après une bonne heure de lutte, je constate que ma direction est presque bonne mais que je suis décalé du « chemin ». Et entre lui et moi, il y a un bon dénivelé …

Le vent continue de me hurler dans les oreilles et mes bâtons sont indispensables pour garder mon équilibre. N’ayant rien à manger et étant seul, je décide d’affronter la pente pour me remettre dans le chemin (et donc être​ localisable en cas de soucis). Cette partie fut particulièrement éreintante et plusieurs fois, l’idée de rebrousser chemin me vint à l’esprit. Mais je veux d’abord rejoindre le chemin officiel. Une fois atteint, je profite d’un rocher pour m’abriter du vent et faire le point. Il ne me reste que 60 mètres de dénivelé et quelques centaines de mètres à  parcourir … Je pense en être capable en découpant le trajet entre chaque roc.

La montée est de plus en plus difficile tant le vent est important mais je progresse pas après pas. Les 100 derniers mètres, juste avant le col, la pente s’intensifie un peu, me demandant une énergie folle. Pourtant je vois le panneau de frontière et je jette mes dernières forces dans l’effort. Impossible de tenir debout sur le col, je suis obligé de m’accroupir dernière le plus gros caillou pour voir la fameuse lagune.

J’avais projeté, sur le plan, de me rendre à une seconde étendue d’eau à une centaine de mètres plus loin, sans dénivelé. À peine sur le plateau, je renonce immédiatement à l’idée. Je n’ai jamais connu un vent aussi violent et je dois lutter de toutes mes forces pour redescendre quelques mètres sans me faire entraîner. Je me laisse tomber derrière un gros rocher, prend une photo tant bien que mal (Tu noteras que je ne lance pas les pompons de mon bonnet juste avant la photo mais que le vent s’en charge en continu  😉 )

Je sais que la descente sera longue (une quinzaine de kilomètres avec le vent dans le dos à gérer), mais je sais aussi que je me suis surpassé comme jamais pour arriver à cette frontière Chilienne et cette étendue d’eau.

J’ai pris des risques (fatigue du corps, heure bien trop avancée, vent trop violent) et cette expérience me servira pour la suite de mon voyage. Forcément, je ne te conseille pas de faire la même chose que moi : si le vent est marqué aux geysers, ne monte pas au col, il y est beaucoup plus violent ! Il m’aurait été absolument impossible de planter ma tente dans l’aire aménagée si j’avais pris mon matériel pour deux jours.

La descente, technique à cause du vent, est toutefois beaucoup plus rapide que la montée et je savoure pleinement les paysages qui m’entourent. À nouveau pourtant je perds la trace du chemin sur quelques kilomètres (et ce n’est pas faute d’avoir été attentif) !

 

Je retrouve finalement la piste des 4×4 et redescends tranquillement jusqu’aux geysers où je m’octroie une petite pause.

Au cours des derniers kilomètres, alors que je savoure la vision des lamas et alpagas rentrant naturellement dans leur enclos, une vague de sable s’abat sur moi. Je ne l’ai vu qu’au dernier instant, telle un raz de marée terrestre. Je m’abrite juste à temps pour les deux vagues suivantes. Décidément, le vent est dangereux dans le coin. Et aussi rapidement que cela est arrivé, plus rien, si ce n’est le soleil déclinant du jour.

J’arriverai finalement à la tombée de la nuit à Sajama, épuisé. Ce parc m’aura provoqué énormément d’émotions et il restera comme un très gros coup de cœur de ce voyage, quoique je vois par la suite.

Je vous encourage fortement à faire le détour de La Paz si vous en avez l’occasion ou d’utiliser ce parc comme passage de frontière avec le Chili (il existe une route qui sort du parc et qui prend la direction de Arica au Chili, sans avoir besoin de passer par le col fort venté 😉 ).

INFORMATIONS PRATIQUES

Auberge de jeunesse : La maison après le terrain de basket sur la gauche 😀 . J’ai surtout suivi la personne à la sortie du bus. 30 bolivianos par nuit pour une chambre avec 4 lits pour moi tout seul et une douche électrique (chaude le soir, mais le matin, l’eau est gelée dans les tuyaux … 😉 )

Déplacement : 20 bolivianos pour se rendre de la gare de La Paz à Patacamaya, assez tôt le matin. Il ne faut pas rater le colectivo (30 BOB) à pAtacamaya dans la rue principale qui part au plus tard à 13h mais aussi dès qu’il est plein (en haute saison, cela peut être beaucoup plus tôt). Pour le retour, le colectivo part de Sajama très tôt le matin (5h) et il suffit de prendre un bus ou un colectivo pour rentrer sur La Paz (enfin sur El Alto un jour de blocus 😉 )

Entrées : 100 BOB pour le parc suite à l’évolution du prix pour « aider » les populations …

Repas : Prévoir d’emmener de quoi manger, sur place il n’y a pas grand chose.

7 réflexions sur “Le parc de Sajama

  1. Martine et Alain dit :

    J’ai lu jusqu’au bout ! Et tu sais ce que j’en pense !!! No comment ! 😉

    Mais que de beaux paysages !… Les couleurs du ciel sont admirables, inexplicables… incroyables, mais tes photos sont là : magnifiques !!!
    Et le bonnet bolivien est très taquin ! 😉
    Bises, à bientôt pour la suite… (merci au wifi chilien !)

  2. Alexandre dit :

    « The world is a book and those who do not travel read only one page » St Augustin !!!
    Tout cela respire le bonheur ! Les photos sont admirables. On est content pour toi et on profite bien des photos (les photos du ciel sont incroyables ! ). Un seul bemol: ne prends pas trop de risques … Très amicalement Alexandre (et Rosie).

    • Antoine dit :

      Merci Alexandre, je me régale de ces paysages et je fais désormais un peu plus attention à moi 😉 . J’espère que vous profitez également du temps que vous avez pour découvrir de nouveaux horizons. Mais peut-être que le petit fils vous accapare une bonne partie de votre temps … 😀

  3. Dumont dit :

    Antoine,
    Tu peux nous ménager un peu ??
    À moins que tu ne veuilles tester tes limites… et prendre un pied pas possible..
    Photos époustouflantes…
    Waouh!…………

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