Sucre

En Bolivie, on surnomme « Sucre » la ville blanche (si tu as bien suivi, la ville blanche au Pérou, c’est Arequipa 😉 ). Après les rigueurs du froid des montagnes et de La Paz, le climat doux de la cité est un régal. La place d’armes (appelée ici place du 25 mai) donne le  ton pour le dress-code.

Du coup, tout le centre s’est plié à la consigne avec des murs immaculés, créant une homogénéité et une douceur visuelle que j’aime beaucoup.

Il s’agit d’une ville avec un fort passé historique puisque c’est ici que la Bolivie a déclaré son indépendance pour la première fois. En 1825, elle devient la capitale du pays. Pourtant, elle perd une partie de son pouvoir au début du XXème siècle, au profit de La Paz. Elle est toujours la capitale constitutionnelle du pays (et oui, il y a deux capitales en Bolivie 😀 ) : le pouvoir législatif est à Sucre. D’ailleurs, plusieurs rues sont exclusivement constituées d’avocats, certains avec des enseignes rigolotes (même les non-hispanophones devraient comprendre le panneau de Santa Rita :D).

On m’a fortement recommandé de me rendre dans le sud-est, dans le quartier de la Recoleta. Sur plusieurs blocs, toujours ce blanc, omniprésent, jusque dans les voitures ! 😀

Ici, j’ai presque l’impression d’être à Grenade en Espagne. Les rues blanches avec les pots de fleurs accrochés me replongent quelques mois en arrière lors de mon voyage en Andalousie.

La Recoleta  est connue pour son couvent (que je ne visite pas) ainsi que son mirador d’où l’on peut apercevoir les toits de Sucre. A mon passage, l’endroit était passablement désert. Les habitués devaient être en train de faire la sieste 😉 .

Personnellement,  je préfère la vue depuis le couvent San Felipe. Il s’agit d’une école intégrée à un ancien couvent. L’accès est autorisé aux visiteurs tant qu’ils restent discrets. L’intérieur de l’édifice, donnant sur un large patio, est splendide.

Et que dire de la vue offerte une fois tout en haut, sur le toit du bâtiment ? A couper le souffle !

Je me suis perdu avec délice dans les ruelles de Sucre. Mes pas ont fini par m’amener devant le cimentière. Il contraste fortement avec celui de La Paz, très dense. Ici, ce sont surtout des sépultures très imposantes, voir même carrément démesurées. Pas de doute, de grands Hommes reposent ici.

les 7 cascades

A la lisière de la banlieue nord de Sucre, au fond d’un canyon, coulent 7 cascades. Avant même de partir y jeter un œil, je sais déjà que le débit est relativement faible en saison sèche et que l’accès est parfois … technique. Ça ne m’empêche pas pour autant de tenter ma chance 😉 . Après une sortie compliquée de la ville (j’y reviens un peu plus tard), le colectivo me dépose sur les hauteurs. Il suffit de descendre au fond puis de remonter « tranquillement » le canyon.

Arrivé en bas, je découvre les filets d’eau. Ce qui est certain, c’est que les cascades ne seront pas torrentielles 🙂

Le début de la remontée du ruisseau se passe bien et j’atteins rapidement les deux premières « chutes ». Effectivement, il va être difficile de prendre une douche avec ce mince filet d’eau 😀 .

Et puis, ça se complique : il me faut passer par dessus de gros blocs de rochers pour poursuivre. Je découvre un chemin sur la droite qui semble surplomber légèrement les chutes. Je parviens ainsi sans trop de mal jusqu’aux 3 et 4ème cascades.

Ensuite, le chemin se fait plus discret et monte pleine pente sur la colline. Je tente de le suivre un moment puis il disparaît. Je poursuis dans ce qui me semble être la voie la plus logique. Après quelques centaines de mètres à faire le sanglier dans la garrigue et avoir vu de loin quelques chutes asséchées, je renonce à poursuivre plus loin.

Mais je préférerais ne pas redescendre par le même « chemin » très glissant et très pentu. Après quelques repérages, j’ai l’impression que si je parviens à cet arbre, je pourrai retrouver un sentier, un vrai 😉 .

Pour y parvenir, il me faut toutefois continuer à me tailler un chemin à travers les chardons et les herbes hautes en gravissant une bonne pente. Je finis finalement par y arriver après de grosses suées. Je ne recommande pas de prendre la même sente que moi mais la vue depuis le fameux arbre est vraiment superbe.

Comme prévu, la descente se fait de manière beaucoup plus fluide et je reviens rapidement aux premières cascades.

Toutefois, le bus est en haut de la colline opposée, il faut fournir un dernier effort sur un dénivelé de 200m environ pour parvenir dans les faubourgs de Sucre et récupérer le colectivo.

Souvent en Bolivie, le colectivo ne t’amène pas où tu penses arriver. Cette fois-ci ne déroge pas à la règle et je suis déposé à l’entrée de la ville. Aujourd’hui, c’est la fin des cours pour les étudiants et ils fêtent cela par de nombreuses parades costumées qui dureront jusqu’à tard dans la nuit.

J’ai adoré cette ville de Sucre et je serais bien resté quelques jours de plus à profiter de sa douceur de vivre. Pourtant, un autre événement va m’arracher à cette envie …

INFORMATIONS PRATIQUES

Auberge de jeunesse : Traveler’s Guest House, pour 35 BOB en dortoir de 8 puis de 6. Avis très très mitigé sur les pratiques du patron : réservation non respectée, nécessité d’indiquer 12 heures à l’avance si l’on reste pour une journée de plus, éjection sans recherche de solution alternative … Je ne recommande pas franchement malgré la douche chaude et la cuisine à disposition.

Déplacement :  1,5 BOB pour se rendre à l’accès des 7 cascades avec le colectivo « 12 rouge » que j’ai pris devant le marché. Étonnamment, le tarif était le même pour le retour 😉

Entrées : 15 BOB pour l’entrée dans le couvent San Felipe, 15 BOB pour la Casa de la Libertad dont je n’ai pas parlé mais qui est un musée fort intéressant dédié à l’histoire de la ville.

Repas : N’hésite pas à te rendre au marché pour profiter des produits locaux, notamment les jus de fruits et les flans servis dans un verre en plastique.  Par contre, tu peux faire l’impasse sur la gelée colorée avec ses blancs d’œufs aux glaçons 😀

3 réflexions sur “Sucre

  1. Dumont dit :

    Antoine,

    Très joli… et ces fils électriques qui pendouillent au milieu de ces superbes constructions immaculées, les couleurs des costumes locaux, tout cela est très joli…

    Bises

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