Uyuni

Le salar d’Uyuni (et l’ensemble du Sud-Lipez, la région qui borde le salar au sud) est une destination que j’attends depuis des mois. Les photos que j’ai vues de ces grandes étendues m’ont fait rêver et encore une fois, impossible pour moi de passer à côté sans m’y rendre.

Mais avant de parler de mon expérience, tu te demandes peut-être ce qu’est un salar … 😉 En fait, c’est tout simplement le mot en Amérique du Sud pour désigner un désert de sel. Celui d’Uyuni (du nom de la ville qui se trouve à proximité) mesure plus de 10 000km². C’est le plus vaste au monde, rien que ça 😀

Il est possible de s’y rendre en tour organisé à la journée, ou d’en profiter pour découvrir également la région du Sud-Lipez qui recèle des paysages grandioses. L’excursion, en boucle, dure alors 3 jours. Initialement, je pensais réaliser le tour depuis Tupiza, qui se situe 200 kilomètres au sud d’Uyuni, autre départ possible. Mon idée était de m’isoler au maximum des autres groupes (le tour partant d’Uyuni étant largement plus fréquenté). Sauf que la météo en a décidé autrement : quelques jours avant mon arrivée, toute la partie sud était recouverte de 2 mètres de neige, rendant le tour infaisable. Heureusement pour moi, la neige a en partie fondu et le départ depuis Uyuni est devenu possible. Et quitte à changer mes plans, je décide de finir le tour à San Pedro d’Atacama, au Chili, avant de revenir à Uyuni par mes propres moyens.

Dès la descente du bus de Potosi, plusieurs agences se pressent pour me proposer le tour, souhaitant remplir leur 4×4 pour le lendemain. Après comparatif, j’en choisi une presque au hasard. Me voilà donc prèt à vivre une partie de mon rêve 🙂

En prenant la voiture, je me rends vite compte qu’aucune personne du groupe (un Français, un Polonais, un Brésilien, Lucie et moi) ne vient de la même agence et que le conducteur, Edgar, est probablement un opérateur indépendant. Qu’importe, une fois les bagages chargés, direction le premier stop ludique : le cimetière de trains.

Peut-être parce qu’Uyuni est un carrefour ferroviaire important en Bolivie, il a du être décidé d’entasser les trains trop vétustes qui, désormais, rouillent ici.

 

Après un petit passage au village boutique pour touristes, nous partons finalement pour le salar, immense étendue du sel à perte de vue.

Les perspectives sont alors trompeuses et il est de coutume d’en jouer lors d’une séance photo.

Je reprends ensuite la route et les motifs hexagonaux du sel défilent sur des kilomètres. J’arrive finalement à un mont, qui ressemble finalement plus à une île au milieu de cette étendue blanche. Les locaux ont flairé la bonne affaire et exigent 30 bolivianos pour pouvoir marcher dessus. Tant pis, j’en fais plutôt le tour en une petite heure, profitant du contraste entre les rochers et les cristaux de sel.

Je poursuis ma route (enfin Edgar me conduit évidemment, avec la sono à fond, alternant musique populaire, rap, musique traditionnelle 🙂 ) en avalant les kilomètres sur cette étendue plane.

Le jour décline lentement et à un moment, le chauffeur stoppe la voiture, nous dit de descendre et remet les gaz en nous indiquant la route de l’hôtel (facile, c’est tout droit dans le désert 😀 ). Livrés à nous même, nous poursuivons en marchant.

Loin de nous avoir abandonnés, Edgar est parti chercher une collation chaude pour nous permettre d’admirer le coucher du soleil dans les meilleures conditions. Un pur moment de bonheur dans ce lieu si particulier. Cet arrêt est également l’occasion de récupérer une voyageuse supplémentaire, une hollandaise ayant eu quelques soucis d’organisation avec son groupe. Nous voilà désormais 7 dans le 4×4.

Dès que la nuit tombe, la froid devient mordant et je rejoins peu après un hôtel de sel, en lisière du salar, où je passe la nuit, presque au chaud 😉 .

Après avoir parcour le salar, il est temps pour moi de m’aventurer dans le Sud-Lipez. Il s’agit d’une région très désertique et montagneuse. Le 4×4 prend des pistes à travers les sommets colorés. Dans la vallée, un rail témoigne d’une époque où le train passait ici.

Puis la piste se rétréci et l’on monte quasiment à flanc de montage, sautillant dans tous les sens dans le véhicule. Après une heure et demie de ce traitement, j’arrive bien secoué dans une sorte de canyon de formations rocheuses particulièrement sculptées sur un fond de volcan magnifique.

La piste se poursuit et j’arrive après quelques temps à une enfilade de lagunes, toutes plus belles les unes que les autres. La réverbération des sommets environnants sur la surface aquatique sublime encore plus le paysage.

Par chance, malgré la saison peu propice, des flamants roses andins se nourrissent d’algues. Ils doivent avoir l’habitude du passage des touristes parce qu’il est possible de les approcher de très près, quelques dizaines de mètres seulement. Et puis d’un coup, un bruit les effraie et un groupe complet s’envole pour rejoindre une autre lagune.

En chemin, je croise également la route de renards des neiges qui se battent un reste de viande. Cette excursion donne l’impression de s’immerger au plus profond de la nature et de pouvoir l’observer sans contrainte. Je craignais l’effet « convoi » en prenant le départ d’Uyuni mais il n’y a jamais plus de 3 4×4 sur un même lieu.

D’ailleurs, en ces temps capricieux, il est bon de savoir que l’on peut compter sur d’autres équipages. Alors que nous traversons des montagnes ocres, dans un paysage minéral et glacier, il vient un moment où Edgar ne peut plus éviter de conduire sur la neige. Je l’avais trouvé très frileux jusqu’ici 😉 Il me semblait pourtant qu’avec un 4×4 comme le sien, ça devait rouler comme sur une autoroute. Pourtant, il avait évidemment raison, la neige étant fraîche et épaisse, les roues s’enfoncent très vite. Malgré ses talents évidents de pilote (gros respect Edgar !), nous finirons par devoir descendre et pousser le véhicule pour nous dégager d’un embourbement.

A peine sortie de cette mauvaise passe, nous arrivons sur une autre curiosité de la région (qui en compte tant !), l’arbre de pierre et plusieurs formations rocheuses qui semblent suspendues.

Dernière lagune de la journée, et non des moindres, la laguna colorada. Elle aussi entourée de sommets, elle possède une couleur rouge-violet lorsqu’on la regarde dans son ensemble et orange dès que l’on s’approche de l’eau.

Puisque mon hébergement est situé sur les berges, j’ai le temps de profiter pleinement du coucher de soleil.

Une fois encore, dès que le soleil se cache derrière une montagne, la température chute rapidement. Le retour se fera à un rythme soutenu pour tenter de se réchauffer un peu 😀 .

Le troisième jour d’excursion commence très tôt : il faut être à la frontière Chilienne à 9 heures et il reste une centaine de kilomètres de pistes enneigées à parcourir. Le début se fera donc de nuit. J’arrive aux sources d’eau chaude juste après le lever du jour mais le vent est tel que j’ai peur de me transformer en glaçon en sortant de l’eau. Dommage car le cadre est magnifique et cela me rappelle les sources d’eau chaude Islandaises.

En poursuivant le chemin en direction du Chili, je traverse une vallée magnifique appelée le « désert de Dali ». Il doit son nom aux crêtes des montagnes environnantes et aux rochers qui ponctuent la plaine. Bon, les rochers sont pour la plupart recouverts de neige mais que les couleurs sont belles !

Juste avant la frontière, se dressent plusieurs volcans aux pieds desquels 2 lagunes sont gelées. Je subis le même sort en sortant prendre quelques photos avec un vent digne de celui que j’ai subi à Sajama. Je ne m’attarde donc pas longtemps. Il faudra que je revienne car en été, lorsque l’orientation du soleil est bonne, le lac prend une couleur verte, apparemment splendide.

Les derniers kilomètres pour rejoindre la frontière Chilienne ne sont pas les plus compliqués malgré la puissance du vent et la neige sur la route. Une fois sur place, je quitte Edgar pour attendre le bus qui va me conduire à San Pedro d’Atacama. Et je vais attendre sacrément longtemps car la route côté Chili est difficilement praticable. La frontière sera d’ailleurs à nouveau fermée pour plusieurs jours juste après mon passage. J’en profite pour prendre quelques derniers clichés avant de quitter ce Sud-Lipez que j’ai tant apprécié.

INFORMATIONS PRATIQUES

Auberge de jeunesse : La nuit précédent mon départ dans le salar, hôtel Luna Blanca pour 35 BOB en dortoir de 6. Comme souvent en Bolivie, eau chaude capricieuse et wifi très très faible. Mais c’est économique 😉 Durant l’excursion, logement dans l’hôtel de sel en bord de salar la première nuit et dans un dortoir de 20 au bord de la laguna colorada la seconde nuit. Le prix des nuitées est inclus dans le forfait du tour.

Déplacement : 25 BOB pour le trajet Potosi-Uyuni (200km, environ 3h30) avec la compagnie Trantour ATL avec une petite négociation. Un bus bolivien typique sans grand confort et qui roule assez vite mais qui t’amène (normalement 😉 ) à bon port

Excursion : Après négociation entre deux agences, 650BOB pour 3 jours plus 50 BOB pour le transfert jusqu’à la frontière Chilienne avec « Huaynuma Tours ». Un des prix les plus bas que j’ai vu avec pourtant des prestations de qualité, tant pour le chauffeur aux nerfs d’acier que les repas et les hébergements. Pleinement satisfait de cette agence que je recommande donc fortement. En même temps, comme il semblerait que les agences mutualisent les 4×4, il est préférable de demander Edgar comme chauffeur 😉

Entrée : 150 BOB pour l’entrée dans la réserve « Eduardo Avaroa » tout au sud, contenant notamment la laguna Colorada. Prévoir également 5 BOB pour tout passage aux toilettes pendant les 3 jours 😉

10 réflexions sur “Uyuni

  1. brochot brigitte dit :

    hello antoine
    tu vois des choses incroyable s est trop beau et tu nous fais participer franchement bravo tu fais des photos magnifique tu nous fais voyager merci

    je te souhaite bonne continuation
    la bise

    • Antoine dit :

      Merci Brigitte. En effet, je passe dans des endroits absolument magnifiques 🙂 Je vais continuer à être toujours autant émerveillé et de tenter de vous en faire profiter 😉

  2. Mireille et Bruno dit :

    Bonjour Antoine,
    Nous suivons tes aventures comme un feuilleton… et nous passons de bons moments à regarder tes photos et lire tes commentaires.
    Bonne continuation, nous t’embrassons,
    Mireille et Bruno

  3. Anonyme dit :

    Bon, alors là, les mots nous manquent !
    Nous avions déjà été subjugués par notre passage au salar, mais là , quels spectacles !
    Les paysages, les couleurs, les animaux… tout y est !!!
    Avec, en plus, des commentaires non dénués d’humour et des photos sublimes !

    Bravo !

    Profite 😉
    Bises

  4. Dumont dit :

    Antoine,
    Que de superbes photos pour la fin de ton voyage bolivien…. ça commence par un cimetière de trains hors du temps (ce serait dommage de recycler…..) et des photos incroyables….. tu as de quoi monter un commerce de fonds d’écrans inédits ….. j’adore celles avec le salar et les cactus dans les pierres….
    J’ai remarqué qu’une demoiselle en maillot de bain affrontait le froid pour se risquer dans une source chaude…
    10000kms2 de sel, elle n’a plus qu’à aller se rhabiller la Baleine……..
    Époustouflantes tes photos….. continue!
    Allez, maintenant le Chili….
    Bisous

    • Antoine dit :

      Les plus courageux ont fait trempette dans les eaux chaudes oui 🙂 La Baleine pourrait avoir du boulot pendant un moment dans le Salar. Et le lapin de Duracell va pouvoir courir pendant des années avec tout le Lithium présent 😉

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