Carretera austral (1/2)

Après mon escapade insulaire sur Chiloe, je continue mon excursion maritime avec une longue traversée en ferry à travers plusieurs fjords. Avec un plafond nuageux très bas, je profite surtout de l’ambiance mystérieuse des montagnes plongeant dans l’océan.

Puerto cisnes

Port d’arrivée de la croisière  😉 , Puerto Cisnes n’existe que depuis 1954 et m’évoque clairement une bourgade de bout du monde. Je pensais en faire mon point de départ pour le parc de Queulat, distant d’une cinquantaine de kilomètres. Finalement, en hiver, l’idée n’est pas forcément bonne si tu n’es pas véhiculé. Lors de mon passage, il n’existait aucun service de transport collectif pour te rendre à l’entrée du parc. Il te reste le stop mais les locaux m’ont conseillé de prendre ma tente, au cas où … La situation est sans doute très différente en été, lorsque les hôtels affichent complet.
De plus, la météo est particulièrement mauvaise et elle a contraint la fermeture de plusieurs sentiers dont les deux que je souhaitais parcourir. Je me console donc avec une promenade dans les environs du village, avant de poursuivre plus au sud. Lorsque je vois l’état de la montée vers un sanctuaire dédié à la vierge (qui offre une vue panoramique sur la baie), je comprends les raisons de la fermeture !

Ici aussi les maisons sont colorées et sur certaines d’entre elles, je retrouve les motifs aperçus précédemment.

En attendant un bus, entre deux averses, je fais une autre petite promenade pour rejoindre le port à l’autre bout du village. Toutefois, pas question d’utiliser les aménagements prévus pour les touristes : je n’ai pas pris mon maillot de bain 😀

Coyhaique

Il s’agit de la plus grosse ville de la région. J’avais prévu de transiter par elle sans m’arrêter. Mais il faut prendre les informations là où elles sont et éviter de faire des kilomètres inutiles pour s’entendre dire « mais il n’y a pas de bus qui va à cette destination depuis ce village » 😉 , j’en fais finalement une base de collecte de données. Je recommande d’ailleurs chaudement le centre d’informations qui m’a fort bien conseillé. Une fois ces démarches de recherches effectuées (et quelques déceptions : impossible de faire le Cerro Castillo pour raison météorologique, aucun doute désormais que je reviendrai pour voir ce que j’ai manqué dans la région des lacs et en terre australe), vient le temps d’un petit tour en ville.
Rien de vraiment saisissant dans le centre, en dehors de cet immense drapeau de plusieurs dizaines de mètres carrés qui agit sur moi comme un phare où que je sois.

Par contre, en lisière des habitations, il y a quelques beaux paysages dont cette montagne aux flancs ciselés qui me magnétise elle aussi.

Au cours d’une petite balade dans les environs de la cité, je croise un indien ! Mais si, dans les rochers là, le front, les yeux, le nez … non ? 🙂 En tout cas, la vue est vraiment très belle depuis les hauteurs. Et toujours … cette montagne 😉

 

Je me rends également dans le parc proche de Coyhaique dont on m’assure que le parcours n’est pas boueux 🙂 … Le sentier se fraie un chemin à travers la végétation sur une légère pente.

 

Il monte jusqu’à un étang aux eaux vertes en offrant quelques points de vue sur la ville.
Malheureusement, le temps est fort nuageux, m’empêchant d’apercevoir les sommets.

Plutôt que de revenir sur mes pas, je choisis de faire une boucle en poursuivant légèrement mon ascension, en quête d’autres lagunes. Quel plaisir de trouver la neige et son ambiance si particulière, calme, sereine, silencieuse !

 

Ces étendues d’eau sont vraiment ravissantes mais le sentier d’accès au mirador parfois … aquatique 😀

Une très jolie promenade à quelques minutes du centre ville. Il est tout à fait possible de s’y rendre à pied. Les paysages ressemblent un petit peu à ce que l’on trouve dans les Alpes et doivent être encore plus beaux lorsque le soleil est présent 🙂

Puerto río tranquilo

En poursuivant toujours plus au sud, j’arrive finalement à Puerto Rio Tranquilo, minuscule village sur le bord de l’énorme lac Général Carréra. C’est la plus grande étendue d’eau de la région, trois fois la taille du lac Léman ! Ses rives s’étendent jusqu’en Argentine où il prend alors le nom de lac Buenos Aires. Autant dire que je vais le voir un moment !

Ce que j’aime un peu moins, ce sont les conditions météorologiques … Au fil des heures qui passent, j’ai droit à une alternance pluie, neige, vent. J’avoue l’avoir un peu cherché en me rendant en Patagonie en plein hiver 😉

Toujours est-il que ces conditions m’empêchent, deux jours durant, de me rendre à l’attraction phare de la bourgade : la cathédrale de marbre. Point de religion ici, il s’agit de marbre pur, à l’état de roc plongeant dans le lac. L’érosion a fini par sculpter la pierre et c’est cela que l’on peut observer depuis une barque. À l’aube du troisième jour sur place, le temps est un peu meilleur avec seulement quelques gouttes de pluie. Une excursion peut être organisée en toute sécurité. J’en suis !
Lors des premières minutes de navigation pour arriver au site, j’apprécie à nouveau le lac avec un point de vue légèrement différent.

Puis, sur la côte, apparaissent quelques blocs de marbre et les fameuses cavités. Mon excitation est à son comble !

La hauteur est telle que la barque peut entrer dans quelques grottes, me permettant d’approcher au plus près le fameux minéral.

 * *

La pureté et la transparence de l’eau sont incroyables. Les reflets bleus, dûs aux sédiments, sont splendides, surtout en contraste avec le marbre blanc.

Quelques îles ont une base dentelée de la même manière, dont la fameuse cathédrale de marbre.

 

J’ai bien fait d’attendre ! Ce lieu est vraiment incroyable, je n’ai jamais rien vu de tel au cours de mes précédents voyages. La clarté de la pierre répond à la pureté de l’eau au bleu presque surnaturel ! Quel plaisir d’avoir pu voir ça de mes yeux 🙂

Encore un article un peu long, je le scinde donc en 2. Tu trouveras toutes les informations pratiques à la fin de la page suivante 😉

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