Isla de Pascua (3/3)

 

Cette dernière partie sur l’île de Pâques sera consacrée aux sites plus confidentiels mais qui m’ont tout autant plu. Donc moins de moaïs mais toujours autant de plaisir 😉

Le village des hommes-oiseaux

Quelques jours après mon échec pour me rendre dans le village au sommet du volcan sud, je retente ma chance avec Coralie. Une nouvelle ascension plus tard, je réussis finalement à rentrer. L’origine de ce village est liée à une histoire. Laisse moi te la conter.

Après l’apogée de la construction des moaïs, vient leurs déclins : les 10 clans présents sur l’île se déchirent, se battent dans d’innombrables guerres et les vainqueurs temporaires renversent les statues des vaincus. L’anarchie devient totale et une solution doit être trouvée pour calmer tout le monde. Jusqu’ici, un seul clan dirigeait systématiquement les 9 autres. Désormais, une épreuve déterminera le leader pour l’année à venir. Pour cela, chaque chef choisit son champion au cours de l’hiver. Lorsque le mois de septembre arrive, tous se retrouvent dans ce fameux village. C’est le point de départ d’une folle épreuve pour les champions. Il leur faut descendre la falaise sans le moindre équipement, nager 1,5km dans un océan parfois déchaîné pour rejoindre un îlot et attendre la première ponte d’une sterne. Chaque champion doit ensuite ramener le précieux œuf à son chef, après une nouvelle traversée d’océan et une escalade de falaise de plus de 300 mètres ! Evidement, il peut y avoir chamaillerie pendant la remontée avec basculement dans le vide pour qui ne tient pas parfaitement ses appuis 😉 . Le premier arrivé avec son œuf intact gagne 🙂 L’attente pouvait être très très longue et dans le village se déroulaient pendant ce temps des cérémonies religieuses.

Personnellement, je trouve cette histoire absolument épique. Et encore plus lorsque l’on sait que cette tradition a perduré jusqu’à la fin du 19 ème siècle !

Voilà le contexte dans lequel il faut replacer cette visite de village. La première maison a été conservée sans modifications alors que les autres ont été restaurées pour redonner vie aux lieux.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la porte d’entrée était petite 🙂 . A l’extrémité du village, les prêtres sculptaient les fameux pétroglyphes des hommes-oiseaux.

Depuis ce site, il était possible de se rendre au centre du cratère, sacré à l’époque.

Et tu te doutes bien que les îlots concernés sont ceux que j’avais vus au large lors de ma première visite. D’ici, la vue est encore meilleure.

Une visite fort intéressante qui m’a beaucoup touché. Que d’imagination pour élaborer une telle sélection et quel courage pour affronter ainsi les éléments (et ses concurrents) au risque de sa vie !
Lors du retour, je passe par la grotte de Ana Kai Tangata. Sur l’une de ses parois, des oiseaux stylisés témoignent de l’importance de cette tradition. Pour ne rien gâcher, la grotte est située dans un lieu magnifique.

Une superbe balade pour une demi journée depuis le centre ville.

Les environs de l’aéroport

Malgré la superficie réduite de l’île (163 km²), l’aéroport est impressionnant. Non pas que le trafic y soit intense, c’est plutôt que les Américains l’ont financé (en grande partie) pour pouvoir y faire atterrir une navette spatiale si besoin. Forcément, cela nécessite un petit peu de place (3,3 kilomètres) ! Juste devant trône une statue des hommes oiseaux 😉

Juste au bout de la piste, coté Est, un autre ahu est présent. Celui-ci est fort particulier et il pose la question du métissage avec les populations Sud-Américaines. Vois-tu une différence avec les ahus précédents ?

Si tu as remarqué qu’il a un style Inca, bravo à toi 🙂 Les pierres de la base sont, en effet, taillées comme les bâtiments de cette civilisation. Coïncidence ? Probablement pas … Cet ahu m’a beaucoup plu, même si, ici aussi, toutes les statues ont été renversées.

Lors du traditionnel repas de mi-journée au milieu de la nature, je scrute l’horizon. Il serait amusant d’apercevoir à nouveau une baleine …

Parfois, il suffit de vouloir une chose pour l’obtenir … 😀

Assez excentré des autres sites, je te conseille tout de même de faire le détour pour voir l’original ahu Vinapu.

Autre spot intéressant à proximité de l’aéroport, le camping où j’ai dormi (voir informations pratiques). Juste devant, il y a une vue splendide sur le large où je passerai de nombreuses heures de contemplation.

 

Le sommet

Lors de mon dernier jour, le soleil est au beau fixe et je tente de me rendre au point le plus haut de l’île. L’aller-retour représente environ 24 kilomètres dont une grande partie que j’ai déjà parcourue, à travers la ville. Je tente donc ma chance en stop depuis le centre de Hanga Roa et je suis très rapidement pris par la jeune Héléna et sa mère qui me conduisent jusqu’à l’ahu Akivi (le premier que j’avais vu, avec les 7 maoïs à l’intérieur des terres). Le chemin pour le sommet est facile à trouver et il est particulièrement large. Il grimpe à travers des collines de broussailles où vivent tranquillement des chevaux sauvages.

Plusieurs fois, je pense être proche du sommet mais un nouveau mont apparaît, légèrement plus haut. La vue sur la partie Sud de l’île est très agréable.

 

J’arrive finalement au point le plus haut, légèrement frustré de la vue sur la côte nord, qui est masquée par d’autres petits monts. Je n’ai pas compté le nombre de cratères que j’ai traversés.

Je redescends par un chemin qui oblique vers l’est, pour rejoindre la route principale qui traverse l’île, espérant que le passage sera important (et donc que mes chances d’être pris en stop seront grandes). Je ferai quelques kilomètres avant qu’une voiture ne s’arrête, conduite par Fernando, guide sur Rapa Nui.

Cette sortie est sympathique si tu as un jour de beau temps après avoir vu les principaux sites, sinon, privilégie plutôt le reste 😉

Au final, cette île de Pâques aura tenu toutes ses promesses de découvertes et de beauté. Synonyme de mystère et de légendes, je suis heureux d’avoir pu y faire un arrêt lors de ce grand voyage. Évidement, il est impensable de faire l’aller-retour depuis la France juste pour elle mais si tu passes en Polynésie ou au Chili, pense aux maoïs qui ne seront jamais aussi proche 🙂

INFORMATIONS PRATIQUES

Auberge de jeunesse : camping plutôt, les prix des hébergements étant élevés dans ce lieu touristique, je me suis rabattu sur quelques nuits en tente. A quelques centaines de mètres du « terminal » de l’aéroport, le camping Mihnoa est parfait pour cela. Cuisine immense, wifi disponible, le vrai point noir, ce sont les sanitaires. Lors de mon passage, il était question de travaux mais pour le moment, c’est très très rustique. Oublie l’eau chaude 😉 Par contre le prix est tout doux : 8 000 pesos seulement. L’autre camping, au nord, à côté de la splendide plage de Anakena est beaucoup plus coûteux : 16 000 pesos avec le prêt de la tente et d’un matelas de sol. Le gérant est très rêche, la cuisine inexistante et les sanitaires très moyens mais le cadre et le monopole d’hébergement font tout 😉

Déplacement : Tes jambes te permettront d’en voir beaucoup. Si tu commences à fatiguer, lève le pouce, et rapidement quelqu’un s’arrêtera 😉 Pour louer une voiture, il faut compter environ 45 000 pesos en incluant l’essence, à diviser par le nombre de voyageurs.

Entrée : 54 000 pesos pour le pass d’entrée aux sites des moaïs. 70€, ça n’est pas donné du tout mais si tu as fais autant de kilomètres, ce n’est pas pour voir les statues de loin … 😉 Aucune réelle limite de temps pour en profiter. A ce propos, je conseille un séjour d’environ 5-7 jours. A moins que tu fasses un tour organisé ultra optimisé, il te faudra bien ça pour savourer chaque parcelle de l’île.

Autre : prévois la bonne quantité d’argent liquide, chaque transaction au distributeur te sera facturée au minimum 4 000 pesos.

 

4 réflexions sur “Isla de Pascua (3/3)

  1. César dit :

    Oh la chance de voir ces baleines! Tu as eu un temps plus bouché que nous mais j’imagine que ça donne une sacré ambiance sur l’île (c’est l’ambiance que j’avais lu dans le livre de Pierre Loti concernant son petit séjour sur l’île).

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