Santiago

Mégalopole d’environ 5 millions d’habitants, Santiago concentre plus de 40 % de la population Chilienne. Autant dire que je vais oublier, le temps de ma visite, les oiseaux et les petites fleurs 🙂

Santiago

Mon premier contact avec la ville se fait surtout via les tags et fresques sur les murs, omniprésents dans le quartier de mon auberge. La fougue créatrice de Valparaiso déborderait-elle sur la capitale ?

Il semblerait que l’art urbain soit très répandu puisque même le bâtiment de l’école des beaux arts est couvert de graffitis 🙂

Plus je me dirige vers le centre et plus les bâtiments semblent imposants et historiques. La majorité ont une vocation administrative ou sont des ambassades de pays étrangers. En réalité, le centre ville est en grande partie déserté par les habitants les plus aisés de Santiago, au profit de certaines riches banlieues.

Je découvre également la Moneda, le palais présidentiel qui fut bombardé lors du coup d’état de 1973 par Augusto Pinochet. Il a été rénové depuis mais il est sans arrêt sous la surveillance de plusieurs militaires et il m’est impossible de m’en approcher vraiment.

Aussi étrange que cela puisse paraître au vu de la sécurité, juste sous le sol du palais, un grand centre culturel a été aménagé. Lors de mon passage, il proposait une expo temporaire intéressante et gratuite sur Andy Warhol. Comme souvent, impossible de prendre des photos à l’intérieur et je ne te propose qu’une sculpture de l’extérieur (délicieusement érotique) qui me plait beaucoup 🙂

La place d’armes, très vaste, est le lieu de rencontre des habitants du centre. Elle est plutôt populaire et souvent utilisée la nuit comme hôtel de fortune pour les plus pauvres. En journée, elle s’anime et de nombreux « showmen » font vibrer les foules. Dans l’un des angles, la cathédrale de Santiago se reflète dans les bâtiments modernes qui la jouxtent.

Pour me rendre compte de l’étendue d’une ville, j’aime bien trouver un point la surplombant. Le cerro San Cristobal avec ses 860 mètres (environ 300 mètres au dessus de la ville) est parfait pour cela. Il se situe dans le centre de Santiago au cœur d’un parc gigantesque de plusieurs centaines d’hectares.

Pour se rendre au sommet, il est possible de prendre un funiculaire ou tout simplement d’utiliser ses gambettes . Le parc est sillonné de sentiers accessibles pour les vélos ou pour les piétons (rarement les deux ensemble malheureusement).

Après une petite marche dans la nature (si si 🙂 ) je découvre la ville, et surtout le nuage de pollution dans lequel elle baigne.

A travers cette grisaille, difficile de voir les sommets Andins qui sont pourtant tout proches …

Le parc est si grand que, pour se déplacer d’un point à un autre, des téléphériques urbains ont été installés. Toujours décontenancé par ces cabines qui ne montent sur aucune montagne ( sacrilège !! 😉 ) je préfère redescendre au cœur de la ville.

En revenant sur mes pas, à quelques centaines de mètres de la place d’armes, le Cerro Santa Lucia (d’une hauteur beaucoup plus modeste que celui de San Cristóbal) permet une vue extrêmement immersive de la cité.

 

Historiquement, lors de la fondation de la ville par les conquistadors, cette colline était un point d’observation des peuples autochtones. Des fortifications y ont été construites puis elles furent aménagées, au début du siècle dernier, en un parc. Celui-ci offre une touche de verdure et de fraîcheur au milieu du béton et du verre.

A quelques cuadras se déroulèrent certaines des exactions commanditées par Augusto Pinochet contre ses opposants politiques : plusieurs dizaines de personnes furent torturées puis tuées dans les locaux du 38, rue de Londres. Des pavés au sol permettent de se remémorer leurs noms.

Dans un registre plus joyeux, il existe également un parc d’attraction permanent, proche du centre ville, au milieu d’un joli parc. Lors de mon passage toutefois, les entrées étaient closes. Je devrai repasser pour avoir la tête à l’envers 🙂

Difficile de décrire ce que j’ai ressenti lors de ma visite de Santiago. En réalité, je l’ai parcouru une première fois avant de me rendre à Valparaiso puis de descendre l’ensemble du Chili, puis une seconde fois, le jour de la fête nationale. Les rues étaient alors désertes et il me semblait me promener dans une ville fantôme. Ce qui m’a surtout impressionné (outre la pollution 😉 ), c’est l’étendue absolument gigantesque de la ville et un coté « militaire » des bâtiments. Peut-être faudrait il que j’y repasse en été pour la voir plus animée et colorée …

Ne pouvant pas me résoudre à quitter ainsi ce Chili que j’ai tant aimé, je m’offre une dernière petite excursion dans la nature à quelques dizaines de kilomètres de Santiago 😀

Cajon de Maipo

Le « canjon de Maipo » est l’un des lieux facile d’accès depuis la capitale qui se sature dès qu’un brin de soleil apparaît. Il faut dire qu’on y trouve quelques pépites …

Banos Colina

Il faut prévoir un départ de très bonne heure pour profiter au mieux des thermes de Colina. La route est sinueuse, la nuit réduit drastiquement la visibilité et les camions foncent vers une mine présente à quelques kilomètres. Les derniers kilomètres se font sur une piste très chaotique aux abords rocailleux et inquiétants dans la pénombre (notamment des locaux abandonnés). Mais toutes ces péripéties sont vite oubliées lorsque j’arrive sur place et que le jour se lève à peine. Je suis alors le seul à vouloir profiter des bassins d’eau chaude. La température extérieure est très fraîche et c’est un véritable délice de se glisser dans une eau toute chaude (tellement chaude d’ailleurs que je ressors très rapidement du bouillon du premier bassin pour profiter du second 😀 ). L’endroit est peu aménagé et les bassins pourraient presque être naturels. La couleur blanche de l’eau et son opacité me rappellent les sources d’eaux chaudes aux vertus bénéfiques d’Islande. La vue, bien que très différente de celles de l’île de glace, est tout aussi spectaculaire : une chaîne de montagne qui se colore doucement avec la montée de l’astre céleste.

Après deux heures de barbotage, je décide de me dégourdir un peu les jambes en affrontant les pentes de la montagne qui me fait face. Le cadre est splendide pour cette mini-randonnée.

 

Je te conseille vraiment de venir de bonne heure aux thermes. D’abord parce que profiter d’un tel lever de soleil est tout simplement magique 😀 . Ensuite parce que, plus la matinée avance et plus des groupes de touristes arrivent, occupant petit à petit les différents bassins. De plus, l’ensoleillement te procure rapidement une chaleur qui annihile le contraste chaud/froid des thermes (je n’aurais aucune envie de m’y plonger un midi d’été 🙂 ). Enfin, aucun gardien n’est présent à cette heure et tu économises ainsi une entrée onéreuse 😉

Balade en cheval

A quelques centaines de mètres de mon hébergement, une réserve privée (comme il y en a de nombreuses dans le canyon) propose des sorties à cheval. N’ayant jamais pratiqué, c’est une occasion de découvrir les environs autrement. Je pars pour une sortie d’une heure à travers la steppe avec un guide. Les chevaux sont parfaitement dressés et ma plus grande difficulté est d’empêcher le canasson de manger tous les 3 mètres, le reste se fait tout seul 🙂 .

La prise d’altitude permet d’avoir une autre vision des montagnes environnantes, sans le moindre effort ! A retenir pour de futures randonnées ça 😀

Malgré un déport constant à gauche sur la selle (il va falloir que je travaille mon gainage 😉 ), cette première expérience fut un réel plaisir.

Lac supérieur

Autre petite pépite de la région : le lac de « Embalse El Yeso ». On y accède depuis une bonne route qui se termine par une piste très praticable. Il s’agit en fait d’une retenue d’eau artificielle créée pour fournir de l’électricité via un barrage. Les travaux semblent être encore en cours mais les habitants de Santiago affluent en masse dès le milieu de la journée pour profiter du splendide cadre. Comme rien n’est encore réellement aménagé pour le tourisme, préfère y venir de bonne heure pour éviter les bouchons qui se forment.

En descendant, j’ai eu la chance d’admirer un regroupement de condors. Je suis resté plusieurs minutes à savourer leur technique de vol si gracieuse.

Après 5 mois passés sur le continent Sud-Américain, je le quitte finalement avec des images plein la tête, d’excellents souvenirs de rencontres et quelques amitiés créées au fil du voyage. L’espagnol (ou plutôt le Castillan 😉 ) si chantant, que j’ai eu tant de mal à apprivoiser va finalement me manquer. D’autres aventures m’attendent pourtant et je vais effectuer une transition en douceur vers la culture Polynésienne via une petite île fort mystérieuse …

INFORMATIONS PRATIQUES

Auberge de jeunesse : Princesa Insolente, proche du métro República (donc excentrée par l’ouest du centre de Santiago). Auberge de jeunesse typique et moderne avec parties communes agréables, cuisine spacieuse, sanitaires nickel. 7400 pesos pour un lit en dortoir de 8.

Déplacement : J’ai déjà décrit la magnifique route venant de Mendoza. Je n’ai pas emprunté les transports en commun dans la ville, me fiant uniquement à mes jambes 🙂

Repas : En arrivant à Santiago, je découvre avec plaisir une spécialité culinaire du pays : le Mote con huesillo. Il s’agit d’une boisson très fraîche contenant une pêche séchée et du blé cuit. On en trouve partout dans la capitale pour presque rien et le plus grand verre constitue un vrai coupe faim. Excellent pour tous les becs sucrés 😀

Une réflexion sur “Santiago

  1. Nicole Aorte dit :

    Bonjour Antoine, merci pour m avoir fait découvrir l Amérique du Sud c était très intéressant que de beaux paysages, tes commentaires étaient remplis d informations constructifs. Je te souhaites une bonne continuation. A ce jour du 4 janvier reçois nos meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2018 Francis et moi même. A bientôt de te lire Bises .

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