Torres del Paine (1/3)

Le parc de Torres del Paine est l’un des sites majeurs que je veux explorer au cours de ce voyage. De l’avis de tous, il est magnifique et j’ai pris bien soin de ne pas trop en voir pour me réserver des surprises 🙂 . Deux parcours ultra-classiques existent : le O et le W (le nom provient du tracé qu’ils forment sur une carte) Le premier est fermé en hiver mais j’ai une chance avec le W. Il faut savoir que le climat est très rude ici : en hiver, la neige est présente et en été, le vent souffle en continu avec des rafales à vous renverser un homme et son sac à dos … Autant dire que c’est un parc qui se mérite 😀

Le sentier du W parcourt 76 kilomètres, jalonné de plusieurs campings. Certains appartiennent à la CONAF et sont gratuits alors que d’autres sont privés et payants. Il existe aussi des refuges avec option repas (absolument hors de prix). Evidemment, mon choix s’est porté sur la tente mais il a fallu que je jongle avec les fermetures et une certaine désinformation… Je reparle de la partie logistique en fin d’article.

Jour 1 – Environs de Las Torres

Une fois arrivé dans le parc et la tente installée dans le camping privé de « Las torres », il est déjà plus de 11 heures. II est trop tard pour monter aux tours et le temps est nuageux. Exactement ce qu’avait prévu la météo sur le site Windguru (ultra fiable pour les 6 jours que j’ai passés dans le parc, je te le recommande chaudement pour ta préparation 😉 ).

Je décide donc de faire quelques balades pour le reste de la journée. La première me permet de débuter le circuit O par l’est. Une petite montée permet d’avoir une vue sur la vallée du camping.

Puis le chemin se faufile dans de minuscules gorges avant de pénétrer dans une forêt. Et c’est là que les choses se gâtent pour moi : la sente est trempée et je me retrouve, comme sur l’île de Chiloe, à devoir contourner chaque mare avec une précaution extrême. Il ne faudrait surtout pas qu’un de mes pieds s’immerge dans l’eau sinon je vais le garder trempé pendant plusieurs jours.

La vue sur la plaine est agréable et l’ambiance vraiment forestière.

Après quelques kilomètres de boue, je renonce à poursuivre plus loin et je fais demi-tour. Le retour m’offre une vue magnifique sur le lac et les montagnes au loin.

En revenant vers mon campement, le temps s’éclaircit et je me dis qu’il serait agréable d’avoir une première vision des Torres (les tours). Pour cela, il faudrait que je contourne la première montagne en prenant justement le chemin de la randonnée qui y monte. Une sorte de mise en bouche pour le jour suivant.

Mon ascension, à cette heure tardive, étonne les marcheurs qui finissent leur journée. Malgré mes efforts, impossible d’apercevoir les tours (je constaterai le lendemain que je n’avais aucune chance 😀 ), mais la vue est très belle.

Après ces petits échauffements, je suis fin prêt pour  me lancer à l’assaut des tours …

Jour 2 – Torres del Paine

La journée tant attendue commence très bien : un beau soleil est présent et il fait rapidement fondre la neige accumulée sur ma tente pendant la nuit.

C’est d’un pas plein d’entrain que je parcours les premiers kilomètres, déjà vus hier. Une bonne montée constitue la première partie. Le froid a durci les passages boueux, facilitant mon ascension. Sur ma droite, une gorge attire mon attention par son noir intense strié de veines colorées. Il suffit de me retourner pour avoir un splendide panorama 🙂 .

Puis vient un passage à flanc de pente, traversé par de petits ruisseaux. Je prends conscience à ce moment que c’est exactement le type de randonnée que l’on pourrait faire dans les Alpes, les paysages y sont parfois très similaires. Ne crois pas pour autant que je me suis rendu à l’autre bout de la planète pour rien … attends la suite 😉 .

J’arrive finalement au camping « Chileno » (fermé actuellement), glacial dans son fond de vallée. L’ascension reprend très tranquillement à travers la forêt, sans grosse pente. Je réussis à apercevoir furtivement les pics granitiques.

Dernière partie de la randonnée, l’ultime montée ! Même temps prévisionnel que pour celle du Fritz roy : 1km – 1 heure – 400m de montée. Je sais avant même de commencer que c’est la partie la plus difficile, d’autant plus qu’une couche de neige fait son apparition sur le sentier.

Et en effet, ça monte fort, avec quelques passages techniques en forêt puis une neige très compacte à gérer. Mais le but est si proche que les efforts se font avec un grand sourire 😀 . Après un dernier contournement, la lagune et les tours m’apparaissent enfin…

Une nouvelle fois, je profite pleinement du lieu, absolument seul pendant plusieurs dizaines de minutes.

Lorsque je m’arrache à cette splendide vision pour redescendre, je croise la route d’un renard des neiges, à l’affût de quelque nourriture.

La redescente est tout aussi technique et je me félicite d’avoir pris mes bâtons. Certains grimpeurs qui en sont dépourvus font quelques glissades, pas toujours bien contrôlées mais sans bobos 🙂

Ayant parcouru le chemin inverse plus rapidement que prévu, je m’accorde une pause quasiment au même endroit où je me suis arrêté hier pour profiter de la vue magnifique sur le lac (prenant par là même un beau coup de soleil ! 🙂 ).

Cette journée restera gravée dans ma mémoire. J’ai eu énormément de chance de voir aussi bien et aussi longtemps les tours qui normalement aiment jouer à cache-cache avec les nuages.

Pour conclure en beauté, après ma douche, alors que je retourne d’un pas alerte jusqu’à ma tente, je m’arrête net d’un coup : un puma se tient à l’endroit où je mangeais quelques instants plus tôt. Il fait tranquillement le tour de mon campement puis s’éloigne vers la colline. J’ai pu voir un puma à moins de 10 mètres pendant presque une minute ! Quelle journée !!! 😀

Tu te dis peut-être que j’ai fait le tour du parc … Que nenni ! Celui-ci réserve d’autres lieux magnifiques. Je te donne donc rendez vous pour une deuxième page consacrée à Torres Del Paine 🙂

 

2 réflexions sur “Torres del Paine (1/3)

  1. César dit :

    Ah superbe le renard! Et le puma, je n’ai jamais eu la chance d’en apercevoir, ça devait être incroyable! Lorsque j’avais fait mon W il y a 5 ans (avec ma mère), on avait eu neige, pluie et soleil en alternance, et une nuit de tempête sous la tente (qui en a gardé des souvenirs). Bonne continuation à toi, bises du Yucatan!

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