Torres del Paine (2/3)

Après ma folle journée aux Torres, je reprends mon barda pour poursuivre mon chemin …

Jour 3 – le lac Nordenskjöld

Fini de rigoler avec le petit sac pour la journée : je rejoins désormais une autre partie du parc avec tout mon équipement (tente, matelas, etc). Étant en très basse saison, de nombreux campements sont fermés. J’espère pouvoir dormir à celui qui se nomme « Italiano », géré par la CONAF. Il se trouve à 17 kilomètres, dans la vallée française (la branche centrale du W). Si le garde m’empêche d’y planter ma tente, il me faudra faire 7 kilomètres supplémentaires aujourd’hui et le double demain. C’est donc avec une certaine appréhension que je commence ma journée.

Cela fait un moment que je n’ai plus marché avec une quinzaine de kilos sur le dos et les premiers kilomètres, très vallonnés me sont difficiles. Heureusement que le lac et sa belle couleur bleue m’encourage 😉

Les kilomètres défilent lentement et me permettent de contourner le massif montagneux à ma droite pour m’en dévoiler de nouveaux.

 

 

Lorsque je passe le campement de « Los cuernos », je commence à apercevoir la vallée française et son magnifique massif enneigé.

Le sentier, qui longe le lac, s’élève parfois pour une vision surplombante et passe parfois au ras de l’eau, sur la plage, pour une vue plus immersive.

La petite montée qui précède le campement « Francés » (privé et fermé) me scie les jambes et je suis ravi d’apprendre qu’il ne me reste qu’une demi-heure pour arriver à « Italiano ». Je profite d’être sur un petit plateau pour prendre quelques photos (et mon souffle 😉 ).

Une fois arrivé au camping « Italiano », en dehors d’une tente, pas un chat ! Je reconnais le modèle que possède Lucie et d’après les dates, il est possible que ce soit la sienne. Autant dire que si personne ne me dit rien, je vais gentiment me mettre à côté (et m’éviter les 7 kilomètres supplémentaires 🙂 ). D’autant que la vue depuis le pont juste à coté du campement me plait beaucoup …

Juste après avoir préparé mon repas sur mon réchaud top poids, top économique mais top interdit dans le parc (top notch stove pour les connaisseurs de « randonner léger » 😉 ), un garde de la CONAF arrive et me demande combien de temps je reste. Après quelques échanges, il est en réalité tout à fait possible de dormir dans ce camp avant le premier octobre et sans la moindre réservation. D’autres randonneurs accompagnés d’un guide ainsi que Lucie et un ami arriveront quelques temps après. Me voilà donc rassuré, je gagne pas mal de kilomètres et de fatigue. Je vais pouvoir explorer tranquillement la vallée Française demain.

Cette journée de traversée offre tout de même de beaux paysages. D’un coté le lac, de l’autre des montagnes qui changent à mesure que l’on avance, je peux dormir avec le sourire aux lèvres 😀

Jour 4 – vallée française

Le premier objectif du jour est de voir de plus près le glacier suspendu que je devine depuis le pont du campement. Pour remonter la vallée française, je peux partir seulement avec mon petit sac à la journée : il s’agit d’un aller-retour repassant forcément par le camping. Parfait, je me sens plus léger ! D’ailleurs, le terrain très accidenté aurait rendu l’ascension difficile.

En quelques dizaines de minutes, je suis au mirador Français et je contemple le glacier majestueux. Périodiquement, comme au Perito moreno, une partie de la glace se détache et vient se fracasser quelques dizaines de mètres plus bas, provocant un bruit similaire à un gros orage.

Que la montagne est belle ! C’est l’un des plus beau glacier qu’il m’ait été donné de voir ! J’adore le contraste entre la roche noire et la neige aux reflets blancs ou bleutés.

De l’autre coté, la vue sur le lac longé hier est magnifique aussi … et pour compléter le tout, j’ai une vue sur l’arrière des Torres. Ce point est l’un des plus beau du parc selon moi.

Comme il est encore tôt dans la journée, je décide de tenter de poursuivre jusqu’au mirador Anglais. Le garde m’a prévenu qu’il y aurait de la neige et qu’il me faudrait être prudent. C’est tout moi ça 😉

Avant d’arriver aux fameuses plaques glissantes, le chemin traverse une forêt où de nombreux ruisseaux coulent. Conséquence logique, des ravines se sont créées au fil du temps et il me faut monter quelques mètres puis les redescendre un grand nombre de fois. De temps en temps, une clairière m’offre un point de vue fantastique sur les sommets alentours.

La neige n’est présente que dans la dernière partie, lorsque la pente devient forte, sur quelques centaines de mètres. Rien d’alarmant par rapport à ce que j’ai fait précédemment. Une fois arrivé en haut, je suis accueilli par un rapace qui, en s’envolant, me dévoile le paysage complet. Je suis en fait dans un cirque de sommets absolument magnifiques où le granit répond aux glaces.

J’en fais un lieu de pique nique fort agréable, jouant un peu avec les nuages et le vent.

Lors de la descente, impossible pour moi de ne pas faire, à nouveau, une longue pause devant le glacier. Cette montagne forme une sorte d’amphithéâtre où le spectacle est permanent. Juste avant mon départ, j’ai même la chance de voir une avalanche qui se déclenche depuis tout en haut et glisse sur toute la montagne avant de s’accumuler sur la partie plane. Un vision hors du commun.

Je récupère finalement mes affaires au campement « Italiano » et reprends la route du sud. Derrière moi, la lumière du soleil en cette fin de journée sublime la montagne.

 

Le chemin, presque plat, se faufile entre les lacs et les collines jusqu’à déboucher sur une grande plaine bordée d’un lac turquoise.

C’est justement ici que je dois planter ma tente, alors qu’il s’agit d’un couloir de vent incroyable. Prends bien garde à où et comment tu arrimes ta tente : C’est tout fier de moi que je choisis mon emplacement, bien à l’abri derrière un maigre arbuste buissonnant. Je prends ensuite mon repas dans la salle commune avec une immense baie vitrée (bravo à l’architecte, super vue ! ) en ayant de la peine pour la pauvre tente Quechua placée en plein vent que je vois danser et surtout ployer dangereusement. Toujours confiant, je m’installe tranquillement dans le duvet et poursuis la lecture d’un livre. Ça bouge légèrement mais tout est stable … une merveille cette tente MSR ! 😉

Jusqu’à ce que … d’un coup … mes affaires placées sur le côté décident de me sauter dessus et que mon corps fasse une rotation de 180°, à l’insu de mon plein gré ! Je viens de me faire retourner comme une crêpe, le vent s’engouffre de partout et je n’ai aucune idée d’où se trouve la fermeture éclair pour sortir de là ! 🙂 Je commence donc par me faire le plus lourd possible afin de ne pas être emporté sur le glacier vu ce matin, et je finis par trouver un passage vers l’extérieur. Après un rapide constat, une des sardines a lâché, permettant au vent de s’engouffrer sous la tente et de la retourner … brisant un arceau par la même occasion. C’est donc de nuit et sous de belles rafales que je dois rassembler mes affaires comme je peux pour rejoindre une chambre abritée du refuge, fort confortable mais fort onéreuse également…

 

La branche centrale du W est vraiment fabuleuse. Elle ne constitue finalement pas un gros détour et mérite pleinement qu’on lui consacre quelques heures. Il me reste désormais à terminer mon parcours avec, à l’arrivée, un autre glacier se jetant dans un lac … 🙂

Une réflexion sur “Torres del Paine (2/3)

  1. Dumont Gilbert dit :

    Bien belles photos de montagne, avec quelques rencontres inopinées avec l’élément animal !….Le récit se termine avec une petite pirouette qui se termine sans gros bobo . Ouf !…

    Le passage de 2017 à 2018 nous permet de nous remettre à jour avec Mémé depuis notre dernier visionnage . Alors bonne année à toi, continue de profiter au maximum de ton périple planétaire.
    On t’embrasse bien fort . Gilles et Christine..
    Mémé se dit toujours aussi ébahie devant tant de choses que tu accomplis et des paysage magnifiques que tu lui permets d’admirer
    Gros bisous de Mémé et bonne année à toi

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