Torres del Paine (3/3)

Dernières journées dans le parc Torres del Paine, je compte bien en profiter au maximum.

Jour 5 – Glacier Grey

Malgré ma mésaventure de la nuit, je tiens à me rendre sur la dernière branche du W avant de rentrer. Cette fois encore, l’aller-retour représente environ 22 kilomètres. En sortant du refuge, je me rends très vite compte que la journée de marche promet d’être longue : le vent ne s’est pas calmé et je vais l’affronter pleine face jusqu’au glacier. Qu’importe ! Je suis motivé et un glacier, ça se mérite 😉 La randonnée s’élève doucement entre deux gorges après avoir traversé la plaine.

Un fois sur le plateau, la sente longe la « laguna de los patos », littéralement le lac des canards. Avec les vagues qu’il y a, je n’en vois pas un seul à la surface de l’eau. Auraient-ils le mal de mer ? 🙂

Plus je m’approche du premier point de vue, plus le vent est violent. J’en suis au point de sentir l’élasticité de mes joues qui ballottent telles les oreilles d’un labrador en pleine course!:D Une fois sur le rocher qui sert de mirador, la furie du vent est hallucinante. J’ai du mal à respirer, mes bâtons de marche (que je tiens par les sangles) forment un bel angle de 80° et impossible d’être assez stable pour prendre une photo horizontale … Le glacier est encore assez loin et je commence à me demander si j’irai jusqu’au bout.

Heureusement, le vent me pousse du côté de la montagne et non vers le lac. Je décide donc de poursuivre encore quelques centaines de mètres avant d’évaluer à nouveau la situation. Ça serait dommage de rater un glacier pour un peu d’air 😀 . Après une bonne descente, le vent est presque complètement tombé. Plus rien ne peut m’arrêter pour les derniers kilomètres.

Juste avant d’arriver au campement Grey (fermé à cette époque de l’année), le chemin descend pour se retrouver quasiment au niveau de l’eau. Les perspectives changent.

J’arrive finalement au pied du glacier après environ 4 heures de marche. Le spectacle est splendide et valait clairement ces efforts.

La glace qui se décroche périodiquement se meut lentement sur les eaux glacées du lac et une partie finit son voyage dans la petite baie en contrebas de l’arrivée du sentier.

Sur le chemin du retour, je profite un peu plus des paysages visibles depuis le sentier. Le vent s’est, en partie, calmé (ou alors … c’est que je l’ai dans le dos 😉 ) .

C’est également l’occasion pour moi de voir quelques vautours tourner dans les airs et rejoindre leur nid. J’attends un bon moment qu’ils décollent à nouveau en quête de nourriture mais ils semblent repus.

Lorsque j’arrive à nouveau au campement « Plaine Grande », la vue est parfaitement dégagée et je reste de longues minutes à savourer ce spectacle extraordinaire, conscient de l’immense chance que j’ai d’être là à ce moment.

JOUR 6 – Le retour

Parce que toutes les bonnes choses ont une fin pour en commencer de nouvelles, il faut rejoindre la civilisation et un peu de confort 🙂 . Pour cela j’utilise le catamaran qui permet de traverser le lac beaucoup plus rapidement que lorsque je l’ai longé le troisième jour. Le temps s’est bien couvert et j’ai même quelques gouttes pendant la navigation sur les eaux d’un bleu … irréel.

En arrivant au port, il me faut attendre le bus pour rejoindre l’entrée du parc. Le vent est de nouveau très important et je compte chaque minute, scrutant l’horizon. Si ce sont des conditions classiques pour l’été, la randonnée doit être terrible !

Une fois installé, je me laisse tranquillement porter, fatigué mais tellement heureux de ces jours passés dans la nature. Te dire que je conseille ce parc est très en dessous de la réalité. Sans doute l’une de mes plus belles sorties depuis le début de mon tour du monde, je pense déjà à y revenir pour faire la boucle complète ! Un must do pour qui aime randonner plusieurs jours 😀

INFORMATIONS PRATIQUES

Campings : C’est le point le plus dérangeant dans ce trek : une partie du parc est privée et les gestionnaires sont conscients de sa beauté et de sa popularité. Ils pratiquent donc des tarifs excessifs et les choses s’aggravent régulièrement. Quant aux campings de la CONAF, il est nécessaire de réserver des mois à l’avance via un site internet d’un autre temps pour espérer avoir une place. Je ne sais pas ce qu’il en est en haute saison, mais je peux t’assurer qu’à mon passage, le camping Italiano, censé être plein d’après le net, était parfaitement vide …

De plus, des internautes m’avaient alerté sur la possibilité de me faire refuser l’accès au parc sans un planning précis de nuités réservées. Voulant être libre de mes journées, je souhaitais justement ne pas en avoir. De nombreux échanges avec le bureau de la CONAF à Puerto Natales et les agences des campings ont été nécessaires pour savoir que, en basse saison, il n’en est rien. Je ne m’avancerai pas sur cette information pour la haute saison par contre.

Tout ceci sent malheureusement trop l’exploitation touristique. J’espère que la tendance s’inversera pour que chacun puisse profiter du parc à sa juste valeur.

  • Camping « Los Torres » appartenant à la société Fantastico Sur, 10 000 pesos pour un bel emplacement avec table de camping, douche à chaleur variable et si tu as de la chance, visite d’un puma 😉 . J’avais réservé ma première nuit pour ne pas avoir de soucis avec les rangers du parc, j’ai payé directement la seconde nuit sur place sans problème (8 septembre 2017)
  • Camping CONAF « Italiano » : 0 pesos. Un gardien fait le tour pour savoir qui est présent. Idéalement situé dans la vallée française, avec plusieurs toilettes sèches et un espace couvert pour cuisiner. Rudimentaire mais je n’en demande pas plus.
  • Camping « Grand Plaine » à 6 000 pesos en plein vent avec vraiment peu de végétation faisant office de paravent. Par contre, la salle commune est magnifique et la cuisine très grande. L’accès aux douches du refuge est permis.
  • 21 000 pesos la nuit dans le refuge au même endroit, dans une chambre avec 2 lits superposés. Après plusieurs jours de tente, c’est le grand luxe : chauffage, matelas moelleux, pas le moindre zéphyr, douches chaudes… un vrai paradis … qui se paie 🙂

Déplacement : 

  • Aucune difficulté pour te rendre dans le parc depuis Puerto Natales : des compagnies assurent la liaison régulièrement avec un tarif identique : 15 000 pesos l’aller-retour. Attention toutefois, pour revenir après avoir pris le catamaran. En basse saison, les compagnies effectuent un regroupement (sans te prévenir). Informe toi auprès du conducteur de chaque bus au risque de passer une nuit dans un endroit très inhospitalier 🙂
  • Une navette peut te transporter pour 3 000 pesos de l’entrée du parc jusqu’au camping « Los Torres ». Un peu plus de 7 kilomètres séparent ces deux points. A toi de voir en fonction de ce que tu as prévu pour la première journée …
  • 18 000 pesos la traversée en catamaran. Lorsque je l’ai pris, le temps était très maussade et je n’ai vu que la belle couleur de l’eau. Pourtant, il parait que les paysages sont splendides. Tu n’as pas vraiment le choix de la prendre, en tout cas dans le circuit classique.

Entrée : L’entrée du parc te sera facturée 11 000 pesos. Tu dois remplir un formulaire précisant le nombre de jours que tu vas y passer ainsi que tes coordonnées. Une fois ces formalités effectuées, tu as le droit à une petite vidéo pour te rappeler des règles élémentaires pour ta survie. Il y a plusieurs affiches pour t’interdire l’utilisation de réchauds à canette également …

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