Le canyon de Colca

Encore un matin à se lever tôt et, à nouveau, pour la bonne cause : aujourd’hui je me rends au canyon de Colca. Il s’agit du canyon le plus profond du monde avec 3400 mètres entre le point culminant et le point le plus bas. Des esprits chagrins ont trouvé que son voisin l’était encore un peu plus avec une profondeur de 3535 mètres. Qu’importe, celui de Colca pèse dans le monde des canyons et je vais aller voir ça de plus près.

Au bord de ce canyon vivent des condors. Mes chances d’en apercevoir sont de 70 % environ, d’après les agences de voyage locales. Ils sortent principalement le matin ou le soir. Départ donc à 3:00 du matin pour être sur place relativement tôt et maximiser mes chances. Après quelques heures de minibus depuis Arequipa, me voici sur le promontoire.

Étant dans un jour chanceux, plusieurs spécimens évoluent dans le ciel juste au dessus de moi. Je profite pendant de longues minutes de leur balai aérien.

 

Puis à un moment, comme s’ils se passaient le mot, tous les condors disparaissent. J’ai beau attendre un retour de leur part, ils sont partis explorer de nouveaux horizons.

C’est donc le moment pour moi de reprendre la route avant d’arriver au point de départ du trek. Car oui, je ne fais pas que passer voir le canyon depuis sa crête. Je ne voulais pas laisser passer cette occasion : lors d’un précédent voyage aux USA, je m’étais contenté de longer la faille du Grand Canyon sans oser descendre dedans. Cette fois-ci, je prends mon courage à deux mains (à deux pieds plutôt 😉 ) et me voilà parti pour 2 jours de marche. Le premier jour, un peu plus de 1000 mètres de dénivelé négatif pour descendre dans le fond et suivre la rivière jusqu’à une oasis où je vais dormir puis les mêmes 1000 mètres à remonter le lendemain. Un joli programme 😀

Dès le début, la sensation de profondeur est importante et le paysage splendide.

La descente se fait la plupart du temps en douceur, de quoi profiter du spectacle.

Et finalement, j’arrive au plus profond du canyon, à l’endroit où un pont enjambe la rivière qui travaille toujours le canyon (peut-être que dans quelques années, il sera vraiment le plus profond du coup 😉 ) .

Après avoir traversé le pont et pris un repas léger, me voilà reparti pour une dizaine de kilomètres en descendant le canyon. Enfin, en moyenne j’ai descendu. Dans la réalité du chemin, il s’agit plutôt de montées et de descentes 😉 . Quelques gouttes de pluie viendront égayer régulièrement la promenade.

Finalement, l’oasis apparaît. En cette saison (début de la saison sèche, juste après la saison des pluies), il reste quelques végétaux dans le canyon. Dans quelques semaines, le soleil aura tout grillé et l’oasis sera le seul endroit un peu vert à des kilomètres à la ronde.

L’eau des piscines (et des douches) est issue d’une source chaude dont une partie est déviée pour l’oasis. Je l’ai d’ailleurs croisée dans l’ultime descente de la journée.

Un régal que de se détendre sous l’eau après cette journée de marche ! L’occasion aussi, en attendant le seul vrai repas de la journée, de discuter avec les autres randonneurs, notamment deux Françaises en voyage au Pérou et en Bolivie. Elles feront bon nombre de lieux que j’explorerai par la suite et décupleront mes envies via leurs photos Instagram 😉 .

La nuit tombe très tôt et une fois le copieux repas avalé, me voilà couché à 20:30. Demain il va falloir se lever et remonter jusqu’en haut … !

Après un réveil à 4:30, l’ascension commence de nuit, à la frontale. D’ailleurs, ayant passé plus de temps que prévu par le programme à me refaire une beauté, je commence la montée seul, sans savoir si j’empreinte le bon chemin. Autant dire que les premières centaines de mètres se sont faites au pas de charge, histoire de recoller au groupe. Au cours de le montée, la lumière apparaît progressivement.

Il suffit de regarder vers le bas pour constater que l’effort produit des résultats. Les lacets s’enchaînent et l’oasis devient de plus en plus petite.

Et là, c’est le drame ! Je le craignais depuis la veille et cela m’arrive en plein dans cette remontée éprouvante. La batterie de l’appareil photo s’est essoufflée plus que moi et il m’est désormais impossible de l’utiliser. Il va falloir que je finisse la journée avec mon portable. Chienne de vie ! 🙂 Donc désolé pour la qualité des clichés à venir, la prochaine fois promis, j’emporterai la batterie de secours …

En 2 heures, j’ai avalé les 1000m de dénivelé et j’en profite pour immortaliser l’instant.

Je suis très heureux d’être arrivé en haut et d’avoir pu profiter pleinement de ce canyon. C’est un trek vraiment sympa, presque trop court. Le format 2 jours est totalement accessible en prenant son temps et permet de s’imprégner à fond du canyon. D’ailleurs, sur la route longeant le canyon, plusieurs points de vue sont disponibles. Notre mini-bus ne fera pourtant qu’un seul arrêt permettant d’admirer les terrasses servant à l’agriculture et remontant à plusieurs siècles.

Le reste de la journée du second jour est consacré aux sources chaudes (que je ne fais pas) et au retour sur Arequipa. En chemin, il est prévu de s’arrêter au point culminant pour observer la chaîne de volcans. Je vous laisse profiter de la vue …

Mais si, au dessus de l’arbuste à gauche, tu ne vois pas le volcan et sa cime enneigé 😀 ?

Du coup, nous nous rabattrons plutôt sur l’observation des camélidés : alpagas, vigognes et lamas du parc naturel lors d’une mini sortie tant la température était fraîche. Le paysage dans lequel ils évoluent est lunaire, surréaliste, magnifique.

Une sortie bien équilibrée entre effort physique, contemplation et détente aquatique. Le retour sur Arequipa se fait en fin d’après midi et il est possible de profiter de sa soirée en ville.

INFORMATIONS PRATIQUES

Auberge de jeunesse : Encore une sortie sur deux journées. J’ai donc laissé mon gros sac à l’hôtel d’Arequipa pour être plus léger dans cette excursion

Prix d’un repas : Les repas sont inclus dans la sortie, en dehors du déjeuner du second jour. Enfin, il t’est proposé un buffet pour 30 soles. Considérant que ce prix était trop élevé, un classique sandwich à l’avocat à quelques soles fit l’affaire.

Déplacement : 90 soles pour l’excursion incluant le transport, le guide bilingue, les repas (parfois très légers), l’hébergement et l’accès à la piscine. Un supplément est demandé pour accéder aux sources d’eau chaude sur le chemin du retour.

Entrées : 70 soles de plus seront nécessaires pour l’accès au parc du canyon. Impossible d’y couper, le mini bus s’arrête à l’entrée et le billet est vérifié plusieurs fois, ne le perd pas 😉

3 réflexions sur “Le canyon de Colca

  1. Martine et Alain dit :

    Bon, alors là, rien ne va plus !!!!
    On passe du temps à se faire beau au risque de se perdre en montagne !!!
    Et en plus on ne prend pas la batterie de rechange !!!
    Comme disait ta mémé, « tout part à vau-l’eau » !!!
    😉 😉 😉
    Plus sérieusement, çà c’est du canyon, ou je ne m’y connais pas ! 🙂

    Continue comme ça, tu nous enchantes !

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