Puno

Ville portuaire au bord du fameux lac Titicaca, cet endroit est plus utile qu’agréable. En dehors d’une église sympathique toute de gris revêtue, le centre ne présente guère d’intérêt et l’on se retrouve très vite dans les mêmes faubourgs que partout ailleurs au Pérou.

Peut-être le temps très couvert a-t-il affecté mon jugement mais la pollution des rives du lac est belle et bien présente. Certains miradors sont accessibles à pied et donnent un point du vue sur la ville mais d’autres sont apparemment dangereux et l’on risque une attaque à main armée. Bref, plutôt une ville pour rayonner dans les environs que pour y mettre sa serviette de plage et bronzer 😉

Sillustani

A quelques kilomètres au nord de Puno se trouve un site archéologique fort intéressant : les tours de Sillustani. À nouveau, je m’y rends en colectivo et découvre une nouvelle facette de ce moyen de transport. Lorsque le colectivo est une simple voiture et non un minibus (car le nombre de passagers sera probablement restreint) le coffre compte comme 4 places disponibles 😀 . Le confort y est évidemment sommaire, but who cares ?

Lors de ma visite, les lieux étaient vides de touristes. Encore une chance pour moi de profiter pleinement et à mon rythme des ruines.

En réalité, il s’agit de tombeaux, créés depuis des siècles par certaines grandes civilisations : Colla, Aymaras et, bien sûr, Incas. L’endroit était difficile d’accès à l’époque et seules les élites avaient leur sépulture ici. Certaines sont toujours en bon état alors que d’autres sont en ruines et nécessitent une petite aide 😉

Comme je le disais précédemment, le paysage a beaucoup évolué depuis la chute des Incas et l’abandon du site. Je ne sais pas ce qu’il en était à l’époque, mais maintenant, quelle beauté !

C’est exactement pour ce type de paysage que j’aime parcourir le monde. Encore une fois, je vous recommande chaudement la visite de ce site très particulier. Jusqu’à présent, je n’avais jamais vu ce type de sépultures et le cadre est somptueux.

Îles Uros

Souhaitant parcourir les eaux du Titicaca, je m’inscris à une excursion de 2 jours avec un groupe. Mon premier arrêt, après 30 minutes seulement de navigation, se fait sur les îles Uros.

Grand classique des visites au départ de Puno, ces îles sont flottantes et dérivent donc plus ou moins au large de la côte.  Elles ont été créées de toute pièce par des hommes alors qu’ils se faisaient chasser des terres par des peuples plus conquérants qu’eux. Depuis, ils se sont particulièrement bien adaptés au tourisme… 🙂

En réalité, les derniers survivants de cette ethnie se sont éteints dans les années 1950. Ceux qui vivent sur ces îles se sont donc appropriés des traditions qui n’étaient pas réellement les leurs, notamment leur bateau, très typique.

La construction de l’île en elle-même est ingénieuse : une couche de tourbe sert de base, sur laquelle sont déposées plusieurs couches de totora, une plante qui pousse au fond du lac ressemblant au roseau. L’ensemble fait une centaine de mètres carrés et permet l’installation de plusieurs familles. Les îles sont maintenues les unes aux autres et un arrimage sur la terre ferme permet d’éviter  une trop grande dérive de l’ensemble.

Toutefois, il est difficile pour moi de faire la part entre authenticité et mise en scène. Désormais, un rituel accompagné ton passage sur ces îles. Celui-ci se finit notamment avec un cœur musical formé par les femmes de l’île, entonnant un chant dans leur langue puis l’hymne péruvien et une chanson à la mode en concluant par un « hasta la vista baby » fort traditionnel ! Il existe même un doute sur le fait que les « habitants » ne soient pas en réalité de Puno et qu’ils se rendent sur les îles le matin, avant l’arrivée des masses touristiques… Bref, c’est amusant à voir mais complètement orienté pour le voyageur. Impossible toutefois d’y couper si tu veux te rendre sur les deux îles suivantes … 😀

Amantani

Autant les îles Uros sont proches de Puno, autant Amantani, est plus loin, au large. Il faut 3 heures de bateau pour la rejoindre. L’occasion de profiter du lac et des rives Péruviennes.

À ton arrivée, une famille (parmi les 800 qui habitent l’île) te prend en charge pour les repas et la soirée. La répartition est réglementé pour que toutes les familles profitent équitablement du tourisme. Je suis affecté à la famille « Santiago » avec une Australienne, Cassy. Aucun de nous deux ne parle Espagnol… de grands moments d’explications avec les mains en perspective 😀 ! Cette fois-ci, à la différence de Uros, je suis sous le charme de l’authenticité qui se dégage. Le repas est simple et naturel. La vente de souvenir confectionnés par la famille est proposée, évidemment, mais sans la moindre insistance. Après le repas, je retrouve le groupe sur la place principale pour gravir le sommet de l’île et profiter du coucher du soleil. Un moment magnifique dans un paysage grandiose.

 

Le retour se fait de nuit avant de rejoindre la chambre éclairée à la bougie et de prendre le repas avec toute la famille (soupe, riz, frites … du consistant comme on l’aime dans ces lieux reculés).

Après cela, une « fête » est organisée en notre honneur par la communauté. L’occasion pour nous de revêtir leurs habits traditionnels (un simple pancho pour moi me suffit largement). Sans trop savoir s’ils vivent cet événement comme une contrainte ou un moment de détente, je ne me laisse convaincre d’y aller que lorsque le père de famille me dit qu’il est dans l’orchestre. Pensant que la fête se déroule sur la place du village toute proche, je me laisse conduire par la grand-mère. En réalité, il faut rejoindre la salle polyvalente à l’autre bout de l’île et je m’en veux d’imposer ce déplacement de nuit à cette personne âgée.

Ayant tant​ aimé la vue depuis Patchamama lors du coucher de soleil, je décide de me lever très tôt pour voir le lever de soleil depuis Patchatata, l’autre colline d’Amantani. J’ai bien essayé de motiver quelques personnes du groupe, mais aucune ne semble enchantée de se lever à 4:30 😀 . C’est donc seul, dans la nuit, que je recommence l’ascension de l’île. J’arrive en haut alors que le ciel s’éclaircit juste. Je profite du paysage pendant une heure avec délectation.

Lors de la descente, je croise les premiers travailleurs qui s’activent dans les champs ou mènent leur troupeau.

La petit-déjeuner dans la famille est l’un des meilleurs depuis le début du voyage : des pancakes maison sont au menu 😀 ! Un vrai régal ! Il est déjà temps de quitter cette île et de rejoindre la suivante : « Taquile ». Sur le port en attendant le bateau, Cassy prend une photo de la grand-mère de la famille qui s’est occupée​ de moi et me voilà naviguant (non non, pas dans cette petite barque, rassure-toi 🙂 )

Taquile

Je n’ai pas pu passer beaucoup de temps sur cette île. Le groupe devant rejoindre le restaurant avant de retourner sur Puno, les minutes me sont comptées. Accostant sur la partie Est, le premier objectif était de rejoindre le village en plein centre de l’île. Après une bonne montée, je parviens sur la place centrale sans grand charme mais avec un mirador sur les monts Boliviens 😉

Le guide nous laisse une petite heure de liberté et nous conseille de traverser l’île pour voir le point de vue sur le côté ouest (marche plutôt plate). L’île est beaucoup plus « urbaine » qu’Amantani avec des constructions et des champs presque partout. Le point de vue est sympa mais sans plus.

Ayant fait quelques repérages avant, je décide d’accélérer le pas pour me rendre sur le point culminant de l’île. Au passage, je croise une ruine qui devait être un sanctuaire.

Le sommet est plus naturel et la vue y est magnifique. Il semblerait que des cérémonies sont encore données dans le temple tout en haut. Je dois rapidement rejoindre le groupe et une partie de la descente se fait en courant …

Il faudrait passer un peu plus de temps pour apprécier pleinement l’île. Sa culture et son histoire le méritent​. Ancienne prison politique, de nombreuses coutumes particulières sont présentes. Par exemple, il existe 3 types de bonnets en fonction de l’état matrimonial du possesseur, les habitants sont catholiques mais il est tout à fait permis d’avoir des enfants avant le mariage, aucune police ne régit l’île, les habitants obéissent toujours aux 3 règles Incas : « ama sua, ama llulla, ama quella » (tu ne voleras point, tu ne seras pas fainéant et tu ne mentiras pas). Tout ceci n’est pas visible à travers le paysage et quelques heures au contact des habitants auraient été très agréables 😉

Cette expérience de tour organisé des îles de Puno a été plutôt positive. Pour une somme finalement modique pour 2 jours d’excursion, je me suis gavé de paysages et d’échanges. Je me suis imposé un rythme plutôt intense mais il est tout à fait possible d’y aller plus tranquillement en suivant le guide 😉

Informations pratiques

Auberge de jeunesse : America Inn, hôtel assez bien situé entre le port et le centre ville. La chambre double est à 50 soles avec une salle de bain délivrant de l’eau chaude, ce qui est toujours apprécié 😀

Déplacements : 50 soles pour le trajet Arequipa – Puno de nuit. 7,5 soles pour aller à Sillustani, 5,5 pour en revenir. Amusant comme les retours sont souvent moins chers que les allers…

Entrée : 15 soles pour l’entrée sur Sillustani et y admirer le paysage et les ruines.

Prix de l’excursion sur les îles : 80 soles négociés directement sur le port dans la dernière cabane à droite. Ne souhaitant pas faire l’arrêt sur les îles Uros, je crois que j’ai eu ce prix après les avoir fatigués à essayer de faire comprendre cette subtilité de l’excursion. Finalement, difficile d’y échapper mais j’y ai gagné un prix honnête 😀

 

6 réflexions sur “Puno

  1. Martine et Alain dit :

    Le tourdumondiste doit se coucher tard et se lever tôt pour profiter au maximum des paysages … Mais quel plaisir d’admirer tes photos !!!

    Et attention, « faut pas pousser mémé dans … » 😉

    Bises et à bientôt pour la Bolivie !

  2. Theriault dit :

    On ne se connaît pas mais j’étais du voyage avec tes charmants parents qui nous a parler de toi et ton aventure, alors c’est comme si l’on te connaissait n peu. Contrairement à d’autres, nous n’avons pas eu la chance de te croiser à Cuzco. C’est super intéressant de te suivre à travers ton blog. Bonne continuité dans ton périple

    • Antoine dit :

      Bonjour Theriault et merci pour ce commentaire. Il semblerait que le voyage avec mes parents vous a apporté aussi beaucoup de bonheur 🙂 Moi, j’ai la chance de poursuivre un peu plus que vous dans le sud 😉

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