Fjordland

Le quart sud-ouest de l’île est majoritairement composé de fjords. Sur une superficie de 12 120 km² s’étend le parc national de Fjordland, le plus grand du pays et l’un des plus grands du monde. Il compte des dizaines de bras de mer et de recoins et, en 2001, seul 48 personnes y habitaient.  La plus grosse bourgade à proximité du parc  est « Te Anau », orientée majoritairement vers le tourisme. Son front de lac est très joli mais la ville ne présente guère d’intérêt.

Doubtful Sound

Ma première journée est consacrée à Doubtful Sound, au sud du parc, présenté comme plus intimiste que son frère, le très couru Milford Sound. Pour la visite, le choix est très limité : croisière ou avion. En effet, il est d’abord nécessaire de traverser un lac pour rejoindre le fjord. Le départ se fait dans le très petit port de Manapouri.

Déjà sur le lac, les paysages sont très beaux. Pas une habitation, pas une route, pas un pylône ne vient perturber les montagnes s’enfonçant dans les flots.

Une fois sur la rive opposée, un bus te récupère pour parcourir 22 kilomètres jusqu’au port du fjord. La route passe par un col qui offre une vue magnifique. Petite anecdote amusante : il s’agit de la route la plus chère construite en Nouvelle Zélande. Elle le fut pour gérer une station électrique alimentant une usine d’aluminium à 120 km. Chaque centimètre de route a coûté 2$ ! Je te laisse faire le calcul 😉

Puis la croisière dans le fjord à proprement parler débute. Ici aussi, les montagnes environnantes plongent dans les eaux sombres. Par chance, dans cette région où il pleut plusieurs mètres d’eau par an, le temps est aujourd’hui splendide, m’offrant une vue dégagée sur des kilomètres.

De temps en temps, un bras de mer s’enfonce entre les sommets, créant un dédale aquatique.

A proximité de l’embouchure, plusieurs petites îles sont présentes. Elles sont les lieux d’habitation de plusieurs colonies de phoques qui digèrent tranquillement au soleil. 🙂

Alors que le bateau s’apprête à faire demi-tour, certains croient apercevoir la queue d’une baleine. Machines arrière toute capitaine et chacun scrute l’horizon. Après quelques minutes, la revoilà qui fait surface une ultime fois avant de plonger dans l’océan.

Le retour se fait par le même chemin, repassant devant les pics montagneux, puis le bus et à nouveau la traversée du lac Manapouri.

Avec un temps exceptionnel, j’ai eu beaucoup de chance avec cette excursion (onéreuse : 230 $ soit 135€ environ !). Il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’un très beau groupement de fjords et que les montagnes sont très belles. Mais je m’attendais à plus de cascades, des sommets bien plus resserrés, une ambiance plus envoûtante. Peut-être aurait-il fallu quelques nuages et un peu de brouillard finalement 😀

Milford Sound

Peut-être aurai-je encore plus de plaisir à Milford Sound… Pas de croisière cette fois-ci, le trajet pour se rendre au fjord EST le voyage. Me voilà donc au volant du van, partant de Te Anau, fébrile sur ce que je vais découvrir 😉

Je suis très rapidement rassuré : des champs de lupins couvrent la vallée. J’ai beaucoup de chance qu’ils soient en fleur, ils mettent parfaitement en valeur les lieux.

Sans être créateurs de gorges, les hauts sommets enneigés offrent un sentiment d’intimité. Voilà exactement ce que j’attendais de l’île du Sud.

Mirror Lakes est LE spot de tous les bus de touristes. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une étendue d’eau dont la surface agit comme un miroir. Le résultat est du plus belle effet … lorsque l’on réussi à trouver une petite place entre la végétation et les hordes de voyageurs 😉

De telles montagnes m’attirent forcément, j’aimerais en arpenter une. Bien sûr, il y a les « Great Walk », ces randonnées exceptionnelles qui traversent les parcs. Malheureusement, elles sont si belles qu’il faut réserver les refuges qui jalonnent la marche des mois à l’avance, ce que je n’ai pas pu faire. Toutefois, à « Key Summit », il est possible de faire une portion de « Roadrunner track ». Avec seulement 3,5 kilomètres et un dénivelé de 350 mètres, il s’agit d’une sortie accessible pour tous. Et je la conseille à tout le monde ! Le début s’effectue dans la forêt avant de sortir sur un paysage alpin.

 

Le clou du spectacle arrive lorsque l’on atteint la vue sur le lac Marian. Niché dans un cirque, il doit être une lagune glacière en hiver. Depuis ce point de vue, les yeux se régalent à 360° ! Partout, des sommets plus beaux les uns que les autres.

Pour les plus courageux (et je t’encourage vraiment à l’être), une sente discrète part vers le nord. Si tu la suis pendant 1,5 kilomètres supplémentaires, tu auras à nouveau un point de vue fantastique tout autour de toi.

Entre temps, tu auras traversé une sorte de steppe avec de nombreux petits étangs et une vue permanente sur le lac Marian. Un ravissement !

L’ayant vu d’en haut et sachant qu’il est possible de s’y rendre en 3 heures, je n’hésite pas longtemps lorsque je vois le parking du sentier qui mène au lac Marian. Malheureusement mes envies sont vite douchées : la structure d’une partie du sentier est instable et le DOC en interdit l’accès ! Je me console avec une courte marche jusqu’à une belle chute d’eau du coup 😐

Je reprends la route qui serpente à proximité de ruisseaux. Dans sa dernière partie, elle s’enfonce dans une vallée bordée de cirques et de monts imposants. Le paysage devient de plus en plus grandiose.

Pour rejoindre le fjord donnant sur l’océan, il est nécessaire de traverser la montagne via un tunnel. C’est l’endroit qu’ont choisi les kea, les seuls perroquets alpins au monde, pour établir leur camp. Et gare aux véhicules qui voudraient se stationner sur leur domaine, ils ont un appétit féroce pour le caoutchouc et celui des portes de voiture leur convient très bien 😉

De l’autre côté de la montagne, l’enchantement est le même : des dizaines de cascades dévalent des centaines de mètres sur des parois rocheuses. Je n’en ai jamais vu autant, si proches les unes des autres.

Finalement, j’arrive au port de Milford Sound, la route se termine ici. Je trouve que la vue ressemble fortement à celle de la scène finale du seigneur des anneaux. Je préfère ne pas m’y rendre, de peur de ne plus jamais en revenir 🙂

Très très gros coup de cœur pour ce parcours dans Fjordland qui mérite largement son succès. La route est très variée et elle offre des panoramas majestueux ! Certains la parcourent en une journée (240 kilomètres aller-retour) mais je trouve que c’est dommage de ne pas lui consacrer plus de temps. C’est d’autant plus vrai si tu fais quelques marches pour entrer dans le spectacle ! 🙂

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