Mont Cook

Depuis des semaines, je tourne autour, je tente de l’apercevoir à travers les nuages, je joue à cache-cache avec les sommets devant lui. Mais cette fois, il ne m’échappera plus : je me dirige directement sur lui ! Mont Cook, à nous deux ! 🙂

Les lacs

Comme j’aime faire durer le plaisir, je m’offre d’abord quelques vues sur les lacs des alentours. Ils sont, pour la plupart, artificiels, créés pour les besoins d’une station hydroélectrique. Il n’en demeure pas moins qu’ils sont splendides avec leur couleur bleue profond issue des sédiments contenus dans les glaciers. Je retrouve avec délice les sommets enneigés.

Après ces belles étendues d’eau, je prends la route menant au parc national Aoraki/Mount Cook (le premier est le nom Maori alors que le second est celui des Européens, c’est pourtant le même sommet 😉 ). La route qui y mène est elle aussi de toute beauté.

Hooker Valley Track

Lorsque j’arrive au Mount Cook Village, de gros nuages masquent une grande partie des montagnes. Pourtant, après prise d’informations au « Visitor Center », il semblerait que la journée va être radieuse. C’est donc plein de confiance que j’entame le sentier « Hooker Valley », le préféré des visiteurs. Il faut dire qu’il est très facile d’accès avec un dénivelé de 130 mètres pour 5 kilomètres de longueur et, comme souvent en Nouvelle Zélande, parfaitement délimité et entretenu. Il commence par offrir de belles vues sur le glacier Muller et son lac. Pour l’instant, quelques nuages jouent à cache cache avec les cimes.

Plusieurs ponts permettent de franchir facilement le torrent d’eau glacée. D’abord les eaux sortant du Muller Lake, puis celles l’alimentant, en provenance du Hooker Lake. L’eau est chargée de sédiments qui lui donnent une couleur laiteuse, très opaque.

Comme annoncé, le soleil remporte la bataille et il chasse presque tous les nuages. Il se produit d’ailleurs un phénomène très étrange, qui durera toute la journée : un arc en ciel circulaire infini. Je suppose qu’il s’agit d’une réaction optique lié aux particules d’eau dans l’air mais c’est la première fois que je vois cela. Cela me rappelle un peu l’étrange spectacle auquel j’ai assisté à Sajama, en Bolivie.

Le chemin progresse très tranquillement, sans la moindre difficulté technique ou de dénivellation, à travers des paysages magnifiques.

Je poursuis donc ma route vers le nord, et découvre finalement avec délice celui que j’attends depuis des semaines : le mont Cook et son visage de glace.

Encore quelques centaines de mètres et j’arrive au bord du lac. Le spectacle est splendide et la vue parfaitement dégagée. Certains courageux tenteront même une très brève baignade sur les rives. Quelques icebergs flottent mais le glacier est presque entièrement recouvert de roches. Je ne peux que le deviner au loin.

Les chaînes de montagnes qui m’entourent sont magnifiques. Certains glaciers sont suspendus dans les nuages, comme flottant entre ciel et terre. De minces filets d’eau les empêchent de totalement s’envoler 🙂

Cette balade mérite son statut de favorite. De magnifiques paysages sont présents tout au long du sentier et l’objectif vaut largement les quelques efforts consentis. L’une des plus belles sorties de l’île du sud selon moi !

Sealy Tarns Viewpoint

Le glacier Muller, contourné par le sentier précédent semble très beau. Lorsque j’apprends qu’une sente permet de l’admirer, je n’hésite pas une seconde. Encore plus facile que la balade précédente, « Kea Point » offre un beau point de vue en moins de 30 minutes aller-retour.

En chemin, il est aussi possible de profiter de la vue de petits étangs aux couleurs intenses dans les nuances de bleu.

Pourtant, on reste au même niveau, juste au dessus du lac, assez loin du glacier. Pour les plus ambitieux, il y a le chemin menant au « Sealy Tarns Viewpoint ». Tu l’emprunteras soit parce que tu adores les glaciers soit pour raffermir ton fessier. On parle de 520 mètres de dénivelé en moins de 2 kilomètres. Et pour cela, il va te falloir monter des marches …

Beaucoup de marches …

Pas moins de 2200 en fait, qui vont te permettre de te sculpter un corps de rêve … Surtout, ne panique pas lorsque, essoufflé et désorienté tu penses en voir le bout et tu lis un tag sur une des marches indiquant qu’il ne reste « que » 1000 marches ! A ce moment là, lève le nez et profite du spectacle 😉

Par un heureux hasard, je retrouve, au cours de la montée, Emma et  Romain  du blog lesvagabondsbretons avec qui j’ai fait une randonnée dans la région de Pucon. Des retrouvailles amusantes et plaisantes à tant de kilomètres du Chili ! Une fois en haut, un tout petit étang réfléchit merveilleusement bien le glacier.

Quelques mètres supplémentaires et me voilà juste devant, à le contempler pendant un bon moment, en compagnie d’autres randonneurs, dans un silence seulement perturbé par le craquement des blocs.

Une fois encore, les efforts sont largement récompensés sur cette randonnée exigeante.

Blue lakes et Tasman Glacier

La dernière promenade possible dans le coin se situe dans une autre vallée, celle créée il y a quelques milliers d’années par le glacier Tasman. Avant d’avoir un point de vue sur ce fameux glacier, il est possible de prendre un sentier qui passe par plusieurs lacs bleus. En tout cas c’est comme ça qu’ils sont appelés. Je te laisse juger de leur palette chromatique … 😉

En réalité, ils étaient bleus il y a quelques dizaines d’années, lorsque le glacier les approvisionnait en eau pure. Depuis, le glacier a beaucoup reculé et l’eau contenue dans les bassins proviennent de la pluie et elle est plus proche du vert que du bleu. Tant pis 🙂 Après une courte ascension, un belvédère offre un point de vue sur le glacier Tasman.

Mais si,là bas, tout au fond 😀 ! Soyons honnête, il est vraiment très loin et vraiment très recouvert de poussières et de roches. Ce qui m’a étonné, c’est la vitesse à laquelle le glacier recule : plusieurs centaines de mètres par an ! Si tu veux espérer l’observer, viens vite parce qu’il ne sera bientôt plus visible du tout.

De l’autre côté, une belle vue s’offre à toi sur la vallée creusée par le glacier lors de son apogée.

La région du mont Cook a tenu toutes ses promesses. Il s’agit réellement d’un très bel endroit pour qui aime les hauts sommets et les paysages de montagne. Je ne peux que te recommander vivement d’y venir, même si tu ne te sens pas l’âme d’un alpiniste. Les vues depuis la route sont déjà à couper le souffle ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.