Laguna 69 + Santa Cruz

Introduction

Dans la région de Huaraz, deux « balades » m’intéressent particulièrement : la première est la Laguna 69, un aller-retour à un lac d’altitude avec 1000m de dénivelé positif cumulé (1000+ pour la suite) et perchée à 4650m d’altitude ; et l’autre c’est tout simplement LE trek de Santa Cruz, le trek le plus connu dans la région avec 55km, 2450m+ et 3210m- (les plus attentifs auront remarqués qu’il y a plus de descente que de montée) qui se fait sur 4 jours, et donc 3 nuits sous tente avec un col à 4750m. Voilà pour les stats 😀

Depuis Huaraz, il faut 3 heures de routes défoncées pour rejoindre la première, et 5 heures de routes encore plus défoncées pour rejoindre la seconde. Mais, fait intéressant pour moi, elles sont dans la même direction 🙂 . Décision est donc prise de cumuler les deux à la suite : d’abord la Laguna 69 avec nuit dans la tente à la fin de la randonnée puis enchaînement (après 2 heures de colectivo à travers la montagne) des 4 jours pour Santa Cruz ! Aucune agence ne propose cet enchaînement, ce sera donc une sortie en totale autonomie. C’est l’occasion ou jamais de tester la Hubba Hubba et de mettre en pratique l’entraînement des précédents mois 😀 .

Laguna 69

Après une journée sur Huaraz pour préparer le sac, faire des repérages sur les itinéraires (les deux sorties sont très fréquentées, il y a donc peu de chance de se perdre) et conditionner mon esprit au défi qui m’attend, me voilà debout à 4h30 pour prendre le colectivo qui m’amène à Yungay pour pouvoir prendre le colectivo de 7h menant au départ de la randonnée pour la Laguna 69. Le sac à dos bien chargé (entre 18 et 20kg, j’ai pris beaucoup trop de nourriture, j’y reviendrai …), me voila frais comme un gardon à 9h pour enfin commencer cette marche. Et le paysage motive ! 😀

Le début est plutôt plat, un bon échauffement en somme 😉 .

Puis la pente s’accentue avec une belle vue sur une cascade.

Arrivé au sommet d’un bon raidillon, de la hauteur de la chute d’eau en fait, un étang m’accueille, me laissant croire à la fin de l’effort. Une pointe de déception survient toutefois sur le spectacle de cette « fameuse Laguna 69 ».

En réalité, la laguna est bien plus haut perchée 😀 . Il va falloir la mériter et poursuivre l’ascension. Oui oui, elle se cache là haut, au centre-gauche.

Après une seconde bonne montée, et 3h30 d’efforts, le résultat est là, devant moi, magnifique.

Comme je le disais, cette sortie est très courue. Autant le sentier était désert au départ, autant les groupes de « marcheurs légers » (comprenez sans un sac énorme avec une tente dedans 😉 ) m’ont régulièrement dépassé au cours de la randonnée. Une fois arrivés en haut, ils enchaînent les séances photos au bord du lac… Sauf qu’ils ont un bus que les attend après la descente. Ils sont donc contraints par le temps sur place. Après un repas (bien mérité) à les regarder faire, nous voilà seuls, absolument seuls à profiter du lieu. Un régal, ce silence et cette immensité déserte !

Je prends également la pose finalement 😉

Après 45 minutes de plaisir, toutes les bonnes choses ayant une fin, il faut désormais redescendre, ce qui nous prendra 2h30, en faisant attention de bien en prendre plein les mirettes au passage 😉 .

Ayant passé pas mal de temps en haut, le montage de tente se fera à la tombée de la nuit et le repas dans le noir et légèrement abrité de la pluie par un toit de paille. Demain les tentes seront mouillées, mais l’humeur sera au beau fixe 😀 .

Santa Cruz

Bien que je me sois couché avec un bon mal de crâne (sans doute les effets de l’altitude), ce matin, tout va bien à nouveau et le portable n’a pas le temps de sonner à 7h que je suis déjà éveillé. Il me faut à nouveau prendre un colectivo relativement tôt pour rejoindre le départ du trek de Santa Cruz. La route est absolument splendide (n’ayant pas pris mon appareil dans le bus, les images resteront dans ma tête 😉 ).

A 10h, le départ du trek est donné. Il commence par une descente dans une petite vallée suivie d’une remontée sur l’autre flanc. Je traverse un village puis quelques habitations.

Puis la nature prend le relais, le chemin remonte une vallée sur plusieurs kilomètres, en suivant des pics enneigés.

Au moment du repas de midi, enfin, plutôt à 16h, le classique sandwich thon mayo (6 boites de thon dans le sac à dos, fort dommageable qu’ils ne connaissent pas le pâté dans le coin !), je suis au niveau du camping officiel. Sachant que la prochaine journée de marche sera compliquée (passage du col à 4750m avec 900m+ et 500-), Lucie et moi décidons de poursuivre un peu plus loin pour gravir quelques mètres de plus aujourd’hui.

A la tombée de la nuit, j’installe la Hubba Hubba dans un paysage fort agréable 🙂

Après une bonne nuit, la sortie de la tente correspond exactement au passage d’une caravane de mules descendant chercher un nouveau flot de touristes. Rares sont ceux qui ont une telle vue au réveil 😀

Le temps d’en profiter un peu et me voilà parti pour la journée la plus difficile du trek. Le sentier se poursuit et remonte doucement mais sûrement sur les pentes de la vallée.

Une petite portion plus douce me permet de reprendre mon souffle. De nombreux lacs égaillent les lieux.

Les nuages sont menaçant mais n’entament en rien ma motivation.

La dernière côte, toujours autant chargé, est effectivement difficile. La respiration se fait plus saccadée, les pauses plus nombreuses et plus longues. J’en profite pour regarder descendre les caravanes de mules.

L’objectif est en vue et le spectacle toujours aussi beau.

Après une dernière cheminée, le voilà enfin, le col « Punta Union », et quelle vue de l’autre coté !!

Le temps d’avaler le thon-mayo (encore !) et de prendre la photo souvenir que le temps change.

Très rapidement, des grêlons me presse de descendre. Ils sont remplacés par une pluie fine pendant une bonne trentaine de minutes. Le chemin, technique, devient glissant par endroit.

Puis le soleil fait son retour, me permettant d’admirer tranquillement la montagne que je viens de franchir.

L’arrivée au camping se fera à nouveau sous une pluie fine mais ininterrompue. Espérons que le temps s’améliore demain…

Raté 🙂 Au moment du lever, il pleut toujours. Néanmoins, nous décidons tout de même de faire un petit crochet par une lagune glacière optionnelle. Cela ajoute quelques kilomètres, mais tant qu’à être là, autant en profiter pour voir de quoi il retourne. Le début du chemin qui y mène est très glissant et chaque pas dans cette pente doit être étudié, au risque de débouler quelques centaines de mètres plus bas.

Ce passage franchi, une longue plaine s’ouvre à moi. Sur les conseils d’un couple (mais peu rassurés), nous cachons nos gros sacs dans un bois, espérant ne pas se faire voler nos affaires. Comme le détour est en aller-